Foncier ivoirien: “L’ACD est le sésame, sans lui aucun projet n’est sécurisé” — Coulibaly Ousmane alerte la diaspora

De passage à Paris à l’occasion du Salon de l’investissement, de l’immobilier et des énergies pour l’Afrique (SIIMEA), M. Coulibaly Ousmane livre un diagnostic sans concession : désinformation, arnaques, imprudences… Pour lui, une règle s’impose : sans ACD, aucun investissement immobilier en Côte d’Ivoire n’est réellement sécurisé. Entretien sans détour.

Pourquoi votre présence à ce salon parisien ?

Notre présence répond à une mission précise : accompagner la diaspora ivoirienne.

Sur instruction du ministre Moussa Sanogo, nous sommes venus expliquer clairement nos procédures, présenter nos services et surtout délivrer une information officielle et fiable.

Nous avons mobilisé une équipe d’experts — foncier, logement, permis de construire — pour répondre directement aux préoccupations des Ivoiriens de l’extérieur, qu’ils aient déjà investi ou qu’ils soient encore en phase de réflexion.

Quels sont les principaux problèmes rencontrés par la diaspora ?

Le problème central est simple : le manque d’information.

Et ce vide est dangereux. Il ouvre la voie à des dérives graves : escroqueries, ventes irrégulières, faux projets.

Beaucoup de nos compatriotes tombent dans des pièges tendus par des opérateurs peu scrupuleux, qui vendent du rêve… jusqu’à ce que la réalité les rattrape.

Notre message est clair :

avant tout projet immobilier, il faut vérifier.

L’ACD semble être au cœur de votre message…

Absolument. L’Arrêté de Concession Définitive (ACD) est incontournable.

C’est le document qui sécurise juridiquement un terrain et qui permet d’obtenir un permis de construire.

Sans ACD, aucun projet viable n’est possible.

Le problème, c’est que beaucoup se contentent d’acheter un terrain, sans s’assurer de sa régularité juridique. C’est là que commencent les difficultés.

Comment éviter concrètement ces pièges ?

Il faut adopter une démarche rigoureuse :

vérifier l’agrément du promoteur ou de l’aménageur, consulter les sources officielles du ministère, s’entourer de professionnels reconnus. Un opérateur non agréé doit être écarté immédiatement.Le ministère est là pour accompagner, orienter et sécuriser chaque étape du projet.

Le secteur est-il aujourd’hui assaini ?

Nous sommes en progrès, clairement.

Il faut reconnaître qu’il y a eu des dysfonctionnements. Mais aujourd’hui, nous corrigeons ces failles. En ce qui concerne les délais de traitement, la délivrance de l’ACD implique plusieurs administrations — cadastre, conservation foncière — ce qui peut expliquer certains délais.

Mais notre engagement est clair :

-accélérer les procédures

– mieux informer les usagers

Le vrai problème reste souvent ailleurs : beaucoup préfèrent encore écouter des intermédiaires plutôt que les canaux officiels.

Quelles sont les réformes en cours ?

Nous travaillons sur trois axes majeurs :

simplification des procédures d’obtention de l’ACD, renforcement de la sécurité juridique et la digitalisation des démarches. Sous l’impulsion du ministre, une transformation profonde est engagée pour répondre aux attentes, notamment celles de la diaspora.

Quelles solutions pour les Ivoiriens vivant à l’étranger ?

Notre ambition est claire : rendre nos services accessibles partout dans le monde.

Nous développons des outils numériques permettant :

de déposer une demande d’ACD en ligne

de suivre son dossier à distance

de piloter son investissement depuis l’étranger

L’objectif est de créer un lien direct et permanent entre l’administration et la diaspora.

Une présence à l’international est-elle envisagée ?

La réflexion est en cours.

Mettre en place des bureaux à l’étranger reste complexe, notamment pour des raisons diplomatiques. Une intégration dans les ambassades est une piste, mais rien n’est encore acté.

Propos recueillis par Georges-Eden Bobia

Correspondant à Paris

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