
DU FOND DU CŒUR…
Très chers militants et militantes, fidèles sympathisants, chers compatriotes.
Nous célébrons aujourd’hui le 80ème anniversaire du PDCI-RDA, la plus ancienne formation politique de Côte d’Ivoire, et l’une des rares en Afrique à avoir traversé la colonisation, apporté l’indépendance, connu le parti unique, concédé le retour au multipartisme, expérimenté l’épreuve de l’alternance, puis l’épreuve du temps.
Plus qu’une simple commémoration, cet anniversaire doit être, à mon avis, un moment d’interpellation, en osant une question, avec humilité et courage: « Après avoir, à travers plusieurs générations, porté sur les fonts baptismaux la Côte d’Ivoire moderne, inspiré l’édification de la nation, dessiné les premiers contours de son développement et assumé le progrès au bénéfice des Ivoiriens et des Ivoiriennes, dans la richesse de leur diversité, qu’est devenu le PDCI-RDA, et que voulons‑nous, ses militants, qu’il devienne ? »
Suite au coup d’état de décembre 1999, qui lui fait perdre l’exercice du pouvoir d’état, notre parti n’a jamais réellement rejoué les premiers rôles. Nous avons connu une traversée du désert, de grandes déchirures, plusieurs départs, de nombreuses contentions, sans oublier ces successions de crises de commandement, qui ont fini par faire de notre famille politique, une nébuleuse d’ambitions personnelles.
À quoi assistons-nous sans cesse ? Aux courses après les fonctions sans véritablement remplir les devoirs qui en découlent; au fossé de plus en plus profond, séparant les dirigeants de la base militante totalement désabusée; au remplacement du réel service public par de la simple gloriole personnelle. Bref. Depuis bien longtemps, la facilité l’a emporté sur l’engagement.
Je n’ai pas la science infuse mais je voudrais vous partager ma ferme conviction quant à ce qu’il manque à notre cher parti et qui ne s’achète pas : la culture du don de soi, le sens de la responsabilité et la patience de se reconstruire, brique par brique. Je crois sincèrement que tant que nous n’aurons pas tiré tous les enseignements de ces longues années passées dans l’Opposition, nous resterons fragiles.
Si nous espérons un PDCI‑RDA qui imprime encore sa marque à la marche de notre cher pays, nous devons avoir le courage de faire un bilan des plus objectifs.
Il nous faut cesser de nous complaire dans la nostalgie, d’invoquer notre résilience pour, enfin, prendre la mesure de nos trop nombreuses faiblesses et les corriger.
La Côte d’Ivoire a changé ; les attentes des populations ont changé ; la défiance citoyenne envers les partis politiques traditionnels est également une donne nouvelle. Dès lors, notre parti doit adapter son organisation, sa manière de dialoguer, de décider, mais également sa manière de rendre des comptes.
Le PDCI-RDA d’aujourd’hui, a besoin de femmes et d’hommes, qui, comme en 1946, sont prêts à donner avant de recevoir, à servir sans chercher à s’imposer.
De plus, notre famille politique doit être incarnée par une autorité claire, lisible, apaisante et fédératrice. C’est ainsi que nous regagnerons la confiance des Ivoiriens, par l’image que nous projetons et non par les attributions que nous réclamons.
Fort heureusement, et cela me rassure, notre PDCI-RDA a déjà traversé des épreuves pires que celles d’aujourd’hui. Il a connu l’interdiction, l’emprisonnement de ses dirigeants, les élections confisquées, la marginalisation. Mais il a toujours su se relever. La question n’est donc pas de savoir si notre maison commune peut se réinventer, mais si nous, militants, cadres, responsables, élus, sommes prêts à payer le prix de ce nécessaire et indispensable sursaut.
Ce 9 avril 2026, ce n’est donc pas une grande fête que je souhaite à mon parti mais une grande prise de conscience.
‘Bon Anniversaire PDCI-RDA de mon Cœur, … et surtout RÉVEILLE TOI !’







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