Par Fleur Kouadio

La Russie a confirmé la mort de 16 Camerounais engagés comme contractuels sur le front ukrainien, selon une note officielle transmise à Yaoundé. Une révélation inédite qui met en lumière l’implication croissante de ressortissants africains dans ce conflit, sur fond de controverses liées à leur recrutement.
Une reconnaissance officielle tardive des autorités russes
Pour la première fois, les autorités camerounaises reconnaissent officiellement la présence de leurs ressortissants dans la guerre en Ukraine. Selon une note du ministère des Relations extérieures, Moscou a transmis une liste de 16 Camerounais décédés dans la zone d’« opération militaire spéciale », terme utilisé par la Russie pour désigner son offensive en Ukraine.
Aucune précision n’a été fournie sur les circonstances ou les dates des décès. Les familles ont été invitées à se rapprocher des autorités, via un communiqué diffusé sur la radio publique CRTV.
Recrutement d’Africains : entre promesses et controverses
Selon des données relayées par le collectif All Eyes on Wagner, plus de 1 400 Africains auraient été enrôlés par la Russie entre 2023 et 2025, dont plus de 300 morts. Les Camerounais figurent parmi les nationalités les plus représentées.
Plusieurs témoignages évoquent des méthodes de recrutement controversées : promesses d’emploi, formations fictives ou enrôlements forcés. Au Kenya, ces pratiques ont provoqué une réaction officielle, poussant Moscou à promettre l’arrêt du recrutement de citoyens kényans.
Un enjeu croissant pour les pays africains, y compris la Côte d’Ivoire
Cette situation interpelle en Afrique de l’Ouest. En Côte d’Ivoire, où la question de la mobilité des jeunes vers l’étranger est sensible, ces révélations soulignent les risques liés à certaines offres d’emploi internationales non vérifiées.
Alors que la guerre en Ukraine se prolonge, l’implication indirecte de ressortissants africains pose des questions diplomatiques, sécuritaires et humaines majeures pour les États du continent.
F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info






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