Crise énergétique en Côte d’Ivoire: pour un langage de vérité et une gestion rigoureuse

La situation actuelle de notre réseau électrique impose un langage de vérité. Si la sémantique gouvernementale semble parfois hésitante, la réalité vécue dans nos foyers et nos entreprises, à Abidjan comme à l’intérieur du pays, est sans équivoque : nous faisons face à des épisodes de délestage qui freinent notre élan économique.

Selon des sources d’information stratégiques et crédibles, le chef de l’État manifeste, à juste titre, une vive préoccupation face à cette crise. Cependant, la multiplication des réunions d’urgence ne saurait se substituer à une communication transparente envers les populations.

Le citoyen ivoirien a le droit de savoir que la rénovation de notre parc énergétique nécessite aujourd’hui un investissement massif estimé à près de 1 500 milliards de francs CFA.

En tant que mouvement politique d’opposition constructive et citoyenne, nous soulevons une question essentielle de cohérence budgétaire. Alors que l’État cherche à mobiliser les 800 milliards de francs CFA restants pour stabiliser l’approvisionnement en électricité dans un délai de six mois, il est légitime de s’interroger sur l’optimisation de nos ressources.

Premièrement, les pertes liées à l’orpaillage illégal et à la fraude commerciale représentent des manques à gagner colossaux qui auraient pu contribuer à anticiper cette crise.

Deuxièmement, dans un contexte de tension énergétique, l’exemplarité des institutions est fondamentale. Chaque milliard économisé sur le fonctionnement de l’administration constitue un pas supplémentaire vers l’électrification de nos villages.

Nous ne nous contentons pas de critiquer, nous proposons une voie de résilience.

Il est impératif de réorienter les dépenses non essentielles vers la maintenance des centrales thermiques et hydrauliques. Il convient également de renforcer l’audit des fonds alloués au secteur de l’énergie afin de garantir que chaque franc investi se traduise effectivement en capacité de production. Enfin, un accompagnement ciblé des PME-PMI les plus affectées par ces coupures apparaît indispensable pour prévenir des pertes d’emplois.

Le développement de notre pays ne peut se faire dans l’obscurité. Nous appelons le gouvernement à engager un dialogue de vérité et à faire preuve d’une rigueur exemplaire dans la gestion des ressources publiques. C’est à ce prix, et seulement à ce prix, que pourra être restaurée la confiance entre le peuple et ses institutions.

Pour une Côte d’Ivoire éclairée et responsable.

Kevin Zokou
Président de « Agissons Ensemble »

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