Face aux répercussions économiques croissantes des tensions au Moyen-Orient, Afreximbank passe à l’action. Dans un communiqué publié le 7 avril 2026 depuis Le Caire, l’institution panafricaine annonce la mobilisation d’un fonds d’urgence de 10 milliards de dollars dans le cadre de son Programme d’intervention face à la crise du Golfe (GCRP).
Cette initiative vise à contenir les effets d’un conflit dont les répercussions dépassent largement la région du Golfe. Depuis l’escalade des tensions le 28 février 2026, les marchés mondiaux sont fortement perturbés, notamment dans les secteurs de l’énergie, des engrais et des produits alimentaires. Une situation qui fragilise particulièrement les économies dépendantes des importations, en Afrique et dans les pays de la CARICOM.
Au cœur des inquiétudes figure le rôle stratégique du Golfe dans l’approvisionnement mondial en pétrole, en gaz naturel liquéfié et en intrants agricoles. Le détroit d’Ormuz, artère essentielle du commerce international, constitue également un point de vulnérabilité majeur en cas de perturbation prolongée.
Dans ce contexte, le programme GCRP entend garantir la continuité des importations vitales, notamment le carburant, les denrées alimentaires, les produits pharmaceutiques et les engrais. Afreximbank prévoit ainsi de fournir des devises étrangères et des financements à court terme pour soutenir les États les plus exposés aux chocs extérieurs.
Mais au-delà de la gestion de crise, l’institution entend aussi saisir les opportunités offertes par cette conjoncture. Certains pays africains exportateurs d’énergie et de minerais pourraient tirer profit de la hausse des prix et de la reconfiguration des flux commerciaux. Des mécanismes tels que le préfinancement des exportations et le soutien au fonds de roulement sont ainsi envisagés pour accompagner cette dynamique.
Le dispositif prévoit également un appui aux secteurs du tourisme et de l’aviation, durement affectés par les tensions internationales. À plus long terme, Afreximbank ambitionne de renforcer la résilience des économies africaines à travers des investissements dans les infrastructures énergétiques, portuaires et logistiques.
Pour son président, George Elombi, cette intervention s’inscrit pleinement dans la mission de la banque. Il souligne que ce programme permettra aux pays africains de s’adapter progressivement aux effets de la crise tout en consolidant leur capacité à faire face aux chocs futurs.
Fort de son expérience acquise lors de crises récentes, notamment la pandémie de COVID-19 et les tensions liées au conflit en Ukraine, Afreximbank confirme ainsi son rôle central dans la stabilisation et la transformation des économies africaines face aux turbulences mondiales.







Commentaires Facebook