Quinze femmes, issues de plusieurs pays occidentaux, ont saisi la justice française afin qu’une enquête soit ouverte sur Gérald Marie, ancien responsable européen de l’agence Elite Model Management. Elles affirment détenir des éléments attestant de ses liens avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
Ces femmes — de nationalités britannique, néerlandaise, américaine et suédoise — ont adressé, le 19 mars, une lettre à la procureure de Paris, Laure Beccuau, afin de solliciter l’ouverture d’investigations.
Parmi elles figurent Ebba P. Karlsson, aujourd’hui âgée de 56 ans et résidant aux États-Unis, ainsi que Lisa Brinkworth, ancienne journaliste de la BBC. Cette dernière, qui enquêtait sous couverture sur les agences de mannequins, accuse Gérald Marie de l’avoir agressée sexuellement en public à Milan en 1998. Elle avait porté plainte en 2020, soutenue par plusieurs autres femmes dénonçant des faits de viol ou d’agressions sexuelles.
Toutefois, l’enquête avait été classée sans suite en février 2023 pour cause de prescription. Une décision contestée par la plaignante, qui a depuis formé un pourvoi.
De nouveaux éléments avancés
Les signataires estiment aujourd’hui que le contexte judiciaire a évolué. La procureure de Paris a en effet ouvert deux enquêtes distinctes liées à l’affaire Epstein : l’une pour des faits de traite d’êtres humains, l’autre pour des infractions financières.
Dans leur courrier, les plaignantes affirment être en mesure de fournir « des documents judiciaires et des courriels » attestant d’une collaboration entre Gérald Marie, Jean-Luc Brunel — décédé en détention en 2022 — et Jeffrey Epstein. Elles évoquent également des liens avec les agences MC2 et E Model Management.
La défense dément toute implication
Du côté de la défense, l’avocate de Gérald Marie, Céline Bekerman, rappelle que « les allégations ont déjà été examinées par la justice française » et ont conduit à un classement sans suite. Elle affirme que son client « aborde avec sérénité toute investigation relative à d’éventuels liens avec Jeffrey Epstein ».
Des accusations graves et anciennes
Dans leur lettre, les plaignantes décrivent des faits particulièrement graves : « Nous avons toutes, hormis l’une d’entre nous, été violées ou agressées sexuellement sur le territoire français », écrivent-elles. Deux d’entre elles affirment avoir été mineures au moment des faits imputés à Gérald Marie.
Aujourd’hui âgées de 50 à 60 ans, ces femmes disent vouloir faire éclater la vérité et obtenir justice dans une affaire emblématique des dérives du milieu du mannequinat international.






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