L’homme d’affaires français Vincent Bolloré sera jugé en décembre 2026 à Paris dans le cadre de l’affaire dite des « ports africains », un dossier sensible mêlant enjeux économiques, politiques et judiciaires entre la France et plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Togo et la Guinée.
Prévu du 7 au 17 décembre devant le tribunal correctionnel, ce procès portera notamment sur des accusations de corruption d’agent public remontant à la période 2009-2011. Selon les éléments de l’enquête, des prestations de communication auraient été fournies à tarif préférentiel par l’agence Euro RSCG (devenue Havas), filiale du groupe Bolloré, dans le cadre de la campagne présidentielle de Faure Gnassingbé au Togo en 2010.
En contrepartie, les autorités togolaises auraient favorisé les intérêts du groupe Bolloré, notamment à travers l’attribution ou le prolongement de concessions portuaires, dont celle du port de Lomé, ainsi que divers avantages fiscaux. Des faits similaires sont également évoqués en Guinée, en lien avec la campagne présidentielle de Alpha Condé la même année.
Ce dossier, suivi par la justice française depuis 2013, avait connu un tournant en 2021 lorsque Vincent Bolloré avait reconnu les faits dans le cadre d’une procédure négociée, acceptant une amende de 375 000 euros pour éviter un procès. Une proposition rejetée par le tribunal, relançant ainsi la procédure judiciaire.
Parallèlement, le groupe Bolloré avait conclu une convention judiciaire d’intérêt public (CJIP), acceptant de verser 12 millions d’euros pour mettre fin aux poursuites le concernant en tant que personne morale.
À l’approche de l’audience, les avocats de l’homme d’affaires dénoncent une procédure qu’ils jugent irrégulière et estiment « impossible » la tenue d’un procès équitable, annonçant leur intention de contester la décision devant les juridictions compétentes.
Au-delà du cas personnel de Vincent Bolloré, ce procès s’annonce comme un moment clé pour la justice française dans le traitement des affaires de corruption internationale, et pourrait raviver les débats sur les relations économiques entre grandes entreprises européennes et États africains.
Avec AFP et Jeune-Afrique







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