
Début mars 2026, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra s’est rendu à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine et finaliser la transition entre le groupe Wagner et Africa Corps, la nouvelle structure militaire russe contrôlée par le ministère de la Défense. Cet accord, estimé à 15 millions de dollars par mois, soulève de nombreuses interrogations sur son coût pour l’un des pays les plus pauvres du monde.
Un accord sécuritaire stratégique entre Bangui et Moscou
Selon plusieurs sources diplomatiques et sécuritaires, la visite du président centrafricain à Moscou début mars 2026 avait un objectif clair : officialiser le remplacement du groupe Wagner par Africa Corps, la force paramilitaire désormais placée sous contrôle direct de l’État russe.
Depuis la mort d’Evgueni Prigojine en août 2023, le Kremlin tente en effet de reprendre la main sur ses opérations militaires extérieures en Afrique. En Centrafrique, Wagner assurait depuis 2017 la sécurité du président Touadéra et la formation de certaines unités de l’armée nationale.
Le nouvel accord prévoirait un financement estimé à 15 millions de dollars par mois, soit environ 180 millions de dollars par an, pour maintenir les contingents russes sur le territoire centrafricain.
Si Africa Corps se présente comme une structure plus institutionnelle, les réalités sur le terrain semblent proches du système précédent. Plusieurs observateurs notent que de nombreux combattants et réseaux logistiques de Wagner continuent d’opérer sous la nouvelle bannière russe.
Cette transition inquiète certains responsables centrafricains. Contrairement à Wagner, qui fonctionnait comme une entreprise privée, Africa Corps dépend directement du ministère russe de la Défense. Les décisions stratégiques seront désormais prises à Moscou.
Les ressources minières au cœur du partenariat
L’enjeu central reste l’exploitation des ressources naturelles du pays. Depuis plusieurs années, des sociétés liées à Wagner contrôlent des sites miniers stratégiques, notamment la mine d’or de Ndassima, dont la valeur est estimée à plusieurs milliards de dollars.
Selon plusieurs enquêtes internationales, ces concessions auraient permis aux réseaux russes de financer leurs opérations en Afrique, tandis que les retombées économiques pour l’État centrafricain restent limitées.
Une stratégie russe qui se renforce en Afrique
Pour de nombreux analystes, la transition vers Africa Corps illustre l’évolution de la stratégie de Moscou sur le continent : remplacer les réseaux de mercenaires par une présence sécuritaire directement pilotée par l’État russe.
Après la Centrafrique, ce modèle pourrait être consolidé dans d’autres zones d’influence russe, notamment au Mali ou en Libye, où les structures issues de Wagner restent actives. Cette transformation marque une nouvelle phase de la compétition géopolitique en Afrique, où les ressources naturelles et les partenariats sécuritaires sont devenus des leviers majeurs d’influence.
F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info






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