Quelle issue pour la confrontation dans le golfe ?

Depuis une semaine, le conflit fait rage dans le golfe persique entre la coalition américano-israélienne et l’Iran. Si la domination dans les airs des occidentaux est incontestable, l’Iran est cependant loin d’être à genoux après plus d’une semaine de combats. Le pays continue de riposter avec des missiles et des drones aux effets dévastateurs, notamment ces missiles à têtes multiples difficiles à intercepter. On note cependant que les projectiles sont en moins grand nombre que dans les premiers jours, signe évident de l’amenuisement de ses stocks.

Ce problème de stocks affecte aussi les Américains et les Israéliens, notamment les missiles intercepteurs. l’Iran lance des dizaines et des dizaines de projectiles (missiles et drones), qu’il faut intercepter de façon individuelle par des missiles patriots, dont les stocks aussi s’amenuisent puisque les américains doivent en détenir pour leurs besoins, et en fournir à Israël ainsi qu’à tous leurs alliés dans le golfe qui sont aussi attaqués par l’Iran. Cette guerre consomme plus de missiles patriots que les Américains n’en produisent actuellement.

Ce qui rend ce conflit complexe, c’est le caractère flou des objectifs américains. Il y a une grande confusion à ce niveau.

On ne sait pas ce qu’ils veulent vraiment. Les propos de Donald Trump varient chaque jour donnant l’impression que la planification s’est limitée à la campagne aérienne, sans aucune visibilité sur la suite. Si les opérations ont été parfaitement coordonnées avec les israéliens, que fait-on après avoir bombardé ? Laisser le régime en place pour plus tard reprendre langue avec lui ? Mettre de nouveaux dirigeants aux affaires ? Contraindre le régime à se réformer en mettant des dirigeants plus accommodants ? C’est le flou.

Donald Trump a exigé une capitulation sans condition de l’Iran, ce à quoi le président iranien a répondu que l’Iran ne se rendra jamais. Aujourd’hui on est certain que quel que soit le tapis de bombes qui sera déversé, si des troupes au sol ne sont pas engagées, le régime restera en place. Or les américains excluent l’envoi de troupes d’invasion tel que cela s’est vu en Irak en 1991 et en 2003. Ainsi l’équation s’avère insoluble pour eux, comment faire tomber un régime sans engager des troupes au sol. Ils ont approché des minorités telles que les kurdes pour lancer un soulèvement depuis la frontière irakienne. Ils leur promettent armes et appui aérien. Mais cela va-t-il fonctionner ?

On constate aussi une certaine fébrilité des Américains concernant le détroit d’Ormuz, ce petit passage de mer par lequel transite 20% du pétrole mondial. Les Iraniens disent l’avoir fermé et menacent de couler tout navire qui va s’y aventurer. Les Américains ont répondu qu’ils comptaient escorter les pétroliers. Mais cette escorte se fait attendre, alors que cinq à six navires tentant de franchir le détroit ont été frappés par les Iraniens en six jours. Bien que leur marine ait été coulée, ils disposent d’une multitude de petites embarcations très rapides plus ou moins autonomes, et des rampes de missiles le long des côtes. Ainsi les américains hésitent à s’engager pour libérer ce passage ce qui fait flamber les cours du brut. Devant la complexité de l’opération, Donald Trump va-t-il siffler la fin de la partie ? L’Iran peut-il devenir l’Ukraine des Etats-Unis ?

Douglas Mountain

oceanpremier4@gmail.com

Le Cercle des Réflexions Libérales

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