Cacao ivoirien: la chute de 57 % des prix met à nu les effets d’annonce sur la transformation locale

La brutalité des chiffres parle d’elle-même. Le prix bord champ du cacao ivoirien est passé de 2 800 FCFA à 1 200 FCFA le kilogramme en l’espace d’une campagne, soit une dégringolade de 57 % qui plonge des centaines de milliers de planteurs dans une profonde incertitude.

Mais au-delà du choc immédiat, cette crise en révèle une autre, plus structurelle : le fossé béant entre les discours sur la transformation locale et la réalité du terrain.

Des promesses qui sonnent creux

Depuis plusieurs années, les autorités ivoiriennes et les acteurs de la filière martèlent le même message : transformer davantage de cacao sur place pour créer de la valeur ajoutée, réduire l’exposition aux marchés internationaux et garantir des revenus stables aux producteurs. Des annonces régulières, des plans ambitieux, des inaugurations d’unités industrielles présentées comme des tournants historiques.

Pourtant, à chaque secousse des cours mondiaux, c’est le même scénario qui se répète : les planteurs encaissent le choc de plein fouet, sans filet.

Un modèle encore trop dépendant de l’exportation brute

Premier producteur mondial, la Côte d’Ivoire écoule encore l’essentiel de sa récolte sous forme de fèves brutes, dont la valeur est dictée par des bourses étrangères sur lesquelles elle n’a aucune prise. Les unités de transformation existent, progressent, mais leur montée en puissance reste insuffisante pour constituer un véritable contrepoids en cas de crise.

Tant que la part du cacao transformé localement ne franchira pas un seuil significatif, la filière restera structurellement vulnérable. Et les planteurs, eux, continueront de payer le prix des effets d’annonce.

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