
L’on se souvient qu’en décembre 2021, les dockers des ports d’Abidjan et de San Pedro avaient débrayé suite à un préavis de grève déposé le 8 décembre de cette année-là. Ils revendiquaient l’application d’un décret présidentiel leur octroyant des avantages quant à leurs conditions de vie et de travail. Ils avaient fini par suspendre leur mot d’ordre après des conciliabules engageant l’Etat et les directions des deux ports. 5 ans après, en février 2026 les mêmes montent encore au créneau, les engagements pris n’ayant pas été respectés et cela fait aujourd’hui 7 ans qu’ils courent derrière les effets d’une signature de la plus haute autorité du pays, Alassane Ouattara.
Face à cette situation qui perdure, ils n’ont pas d’autres choix que de lancer un ultimatum aux autorités. Ils donnent jusqu’à la veille de la célébration de la fête du travail le 1er mai 2026. Ils l’ont dit haut et fort le 23 février 2026, en conférence de presse par la voix de leur porte-parole Pierre Guigréhi Aklégbou dans la salle des dockers du quai 17, au Port autonome d’Abidjan.
Passé le délai du 1er mai, ils envisagent utiliser des moyens légaux pour se faire entendre en vue de faire aboutir leurs revendications. Ils appellent, maintenant qu’il est encore temps, au dialogue les employeurs de manutention, les autorités portuaires et les autorités gouvernementales en vue de trouver ensemble et urgemment une solution durable à leurs revendications.
<< C’est avec les cœurs meurtris et les espoirs évanouis que nous informons l’opinion nationale et internationale, qu’en dépit des efforts indéniables du ministre des Transports, le décret portant statut particulier des dockers, signé par le Président de la République, n’est pas appliqué sept (7) ans et trois (3) semaines après son adoption>>, a informé et alerté Pierre Guigréhi Aklegbou, porte-parole d’une coalition composée de trois syndicats de dockers ( ORLIDOCI, SYLIDOPSA, SYNDUS-SP) adossés à trois faîtières ( USDS, GSDRCI et CSDCI).
Dans un document lu devant la presse par le porte-parole Guigréhi Aklégbou qui est par ailleurs le Secrétaire exécutif de la faîtière USDS, les motifs de la conférence ont été livrés. Lesquels ont rappelé les principales revendications et les démarches entreprises auprès des autorités compétentes visant l’amélioration des conditions de vie et de travail des dockers de Côte d’Ivoire.
Cette rencontre avec les médias a tourné autour des questions cruciales incluant la non-application du décret portant statut particulier des dockers et les revendications des travailleurs, la création d’une mutuelle unique en milieu dockers qui devrait accueillir le fonds de solidarité destiné aux dockers.
<< Il s’agit pour nous d’alerter les employeurs de manutention, les autorités portuaires ainsi que les autorités gouvernementales sur les revendications des dockers découlant de la non-application du décret 2019-102 du 30 janvier 2019 portant statut particulier des dockers de Côte d’Ivoire, sept (7) ans après son adoption et sa publication au journal officiel, le 21 mai 2019>>, a dénoncé le porte-parole. Poursuivant il a mis en avant la gravité de la situation qui prévaut au sein de la corporation des dockers en Côte d’Ivoire.
<< La situation est latente sur le terrain. Un mécontentement général des dockers est observé sur le terrain. Notre devoir c’est de lancer l’alerte en vue de trouver des solutions concertées >>, a-t-il poursuivi.
Concernant la création d’une mutuelle unique, le porte-parole a fait savoir que cela doit se faire par consensus et non au détriment de la majorité des dockers. Ils ne sont pas contre la création, dit-il, d’une mutuelle unique. Cependant, fulmine-t-il, la question du plein emploi des dockers reste essentielle et prioritaire. Il a expliqué que le décret signé par le Président de la République Alassane Ouattara, il y a sept ans, accordait plus de droits aux dockers, tels que des contrats à durée indéterminée, un fonds de solidarité, une commission de contrôle et de suivi de l’activité des dockers…l’obligation pour l’employeur de contracter une assurance santé au bénéfice du travailleur. Malheureusement ce décret qui, selon eux, répond aux normes internationales et devrait permettre d’améliorer leurs conditions de vie et de travail est resté dans les tiroirs depuis sept (7) ans malgré les nombreux efforts déployés par le Ministre des Transports et les dockers pour son application.
Il a exhorté à la mise en application du décret sus-indiqué en mettant en œuvre par exemple la convention collective de travail conclue le 09 mai 2022 pour une durée de trois ans mais qui n’est plus respectée depuis octobre 2022.
Zatté et SD







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