Épisode 16/44 Tokoré: Le village que la route a oublié

« Ce n’est pas très loin. À partir de Gnéhiri, vous laissez vos voitures au bas de la montagne et vous marchez quelques minutes ». Nous décidons de suivre ces paroles rassurantes. Surtout, nous voulons comprendre pourquoi tant d’hommes politiques rechignent à se rendre dans ce village.

La marche commence. Nous sommes confiants. Un peu trop confiants.

Au fil des minutes, nous nous enfonçons dans une forêt. La pente devient plus raide. Les plus vigoureux, les habitués, prennent de la distance. Je ralentis. Je n’étais pas préparé à ce sport-là. Ma chemise est inondée de sueur. Les deux bouteilles d’eau n’ont pas suffi.

Presque deux heures de marche plus tard, nous voici enfin à Tokoré. La voie d’accès est inexistante. Difficile d’y arriver en voiture. Même les motos peinent. « C’est notre calvaire quotidien. Lorsqu’il y a des événements ou des rencontres, c’est nous qui descendons. Nous sommes abandonnés », raconte le chef du village, tout en nous félicitant pour « l’exploit et la considération ».

Dans ce village isolé, pas d’eau. Pas d’électricité. Pas de réseau de téléphonie. (nous sommes en novembre 2025). De longues minutes d’échanges suivent. Nous expliquons notre vision : porter la voix de tous les villages, sans exception, et plaider pour leur accessibilité. Pour que plus aucun village ne soit laissé de côté. Puis vient le temps de repartir. De redescendre. C’est moins pénible. Mais tout aussi long.

Ce jour-là, nous comprenons une chose essentielle : écouter ne suffit pas toujours. Voir oblige. Et parfois, face à l’urgence, il faut agir immédiatement.

Dans plusieurs villages, nous choisissons de poser des actions concrètes, modestes mais nécessaires, pour répondre aux problèmes les plus urgents des populations. À suivre…

Israël Guébo

#AGANON Épisode 15/44 : Chez les Sakoto.

J’appartiens à cette grande famille. Mais mon cas fait partie des exceptions. Je vous explique.
Mon père est Dida. Ma mère est Yacouba. Si elle avait été Dida, j’aurais naturellement appartenu à sa grande famille. Mais le lien ne s’est pas fait ainsi. Je suis rattaché à la grande famille de mon père, un héritage qu’il tenait lui-même de sa mère.

C’est lors d’une rencontre des Sakoto, à laquelle j’ai participé une nuit, que tout cela m’a été expliqué. Un moment de convivialité, rythmé par des chants, des danses et des échanges. J’y ai appris autant que j’y ai partagé.

Ce soir-là, j’ai été accueilli comme un prince dans ma famille. Ici, on dit : « Sakoto un jour, Sakoto toujours ». Ce n’est pas un slogan vide. C’est un engagement. Une appartenance. Une mémoire vivante. Mais la tournée ne s’arrêtait pas là.

Après les familles, il fallait aller là où peu de gens vont. Là où l’accès est difficile. Un village perché sur une montagne. Un village que beaucoup évitent : Tokoré. Nous avons pris le pari. Et nous y sommes allés. Nous avons marché un peu plus de quatre heures. À suivre…

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