La procédure de délivrance et de renouvellement de la carte professionnelle de journaliste se retrouve au cœur d’une controverse qui secoue actuellement le milieu des médias. Au centre des interrogations : les conditions d’éligibilité, la véracité de certains documents produits par Franck Ettien et les enjeux institutionnels liés à l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire.
Une délivrance souvent administrative
Selon plusieurs acteurs du secteur, la procédure de dépôt de dossier serait essentiellement administrative. Le candidat fournit les pièces exigées — attestations d’activité, justificatifs professionnels, preuves de revenus — et, si le dossier est jugé complet, la carte est généralement accordée sans enquête approfondie préalable.
Les renouvellements seraient encore plus souples, à condition que le demandeur continue de satisfaire aux critères légaux. C’est précisément sur ces critères que se cristallise aujourd’hui le débat autour du cas Franck Ettien.
Le critère clé : tirer l’essentiel de ses revenus du journalisme
La législation encadrant la profession impose que le journaliste tire l’essentiel de ses revenus de son activité journalistique. Cette exigence vise à distinguer les professionnels exerçant à titre principal des personnes dont l’activité médiatique serait accessoire.
Dans le cas débattu, certaines voix s’interrogent sur la compatibilité entre les fonctions exercées par l’intéressé et le respect de ce critère. La question centrale demeure : l’activité journalistique constituait-elle réellement sa principale source de revenus ? Franck Ettien aurait affirmé que son média en ligne lui rapportait environ 900 000 FCFA mensuels. Une déclaration qui, selon ses contradicteurs, pourrait nécessiter des vérifications documentées.
De la contestation interne à la voie pénale
D’après plusieurs sources concordantes, la commission paritaire compétente aurait été saisie à la suite d’une dénonciation. Cette instance est habilitée à examiner les dossiers litigieux et à statuer en cas de doute sur leur conformité.
Si une plainte pénale venait à être formellement déposée, l’affaire pourrait entrer dans une phase judiciaire. Une telle procédure permettrait, le cas échéant, de vérifier les flux financiers liés à l’activité déclarée, notamment par l’examen des comptes concernés, afin d’établir la cohérence entre les revenus annoncés et la réalité économique du média. À ce stade, aucune décision judiciaire définitive n’a été rendue publique.
Le point sensible des cartes UNJCI 2023 et 2024
Un autre point soulevé concerne l’établissement présumé de cartes UNJCI pour les années 2023 et 2024. Selon certaines vérifications internes évoquées par nos sources, le nom de l’intéressé ne figurerait pas sur les listes officielles de renouvellement consultables pour ces périodes.
Si une telle discordance était confirmée par les instances compétentes, elle poserait la question de la régularité administrative des documents produits. Toutefois, aucune conclusion formelle n’a, à ce jour, été communiquée.
Un enjeu institutionnel et financier
Au-delà de la dimension réglementaire, plusieurs observateurs estiment que l’enjeu dépasse le simple cadre administratif. La direction de l’UNJCI implique notamment l’organisation d’événements majeurs comme la Nuit des Ebony, dont les budgets peuvent atteindre plusieurs centaines de millions de FCFA, sans compter les subventions publiques et partenariats institutionnels. Dans ce contexte, la question de la légitimité professionnelle revêt une dimension stratégique.
Entre présomption d’innocence et exigence de transparence
L’affaire divise au sein du milieu journalistique. Certains appellent au respect strict des textes et à la transparence totale. D’autres dénoncent ce qu’ils perçoivent comme une instrumentalisation des procédures dans un contexte de rivalités internes.
À ce stade, aucune décision définitive n’a été rendue publique par les autorités compétentes. Le dossier reste donc ouvert, et son issue pourrait contribuer à clarifier, voire renforcer, les standards d’éligibilité et de gouvernance au sein des organisations professionnelles de la presse ivoirienne. Dans l’attente d’éventuelles conclusions officielles, la prudence et la présomption d’innocence demeurent de mise.







Commentaires Facebook