Confrontée à une chute brutale des cours mondiaux et au retrait progressif de certains grands négociants internationaux, la Côte d’Ivoire a engagé une restructuration stratégique de sa filière cacao, pilier central de son économie.
Parmi les mesures phares figure la modification du calendrier de commercialisation, destinée à mieux synchroniser l’offre nationale avec les nouvelles réalités du marché international. L’objectif est clair : éviter une accumulation excessive des stocks alors que les prix mondiaux reculent fortement.
Selon les projections, près de 200 000 tonnes de cacao pourraient rester invendues d’ici fin mars, en raison du décalage persistant entre le prix garanti aux producteurs et les cours internationaux. Ce différentiel fragilise la chaîne de valeur : les exportateurs ralentissent leurs engagements, les flux se contractent et la pression monte sur les capacités de stockage.
La décision des autorités vise à stabiliser les revenus des producteurs, préserver l’équilibre financier des opérateurs et maintenir le rôle central du pays sur le marché mondial du cacao.
Le retournement des marchés est brutal. Le 30 janvier, les contrats à terme à New York sont repassés sous le seuil des 4 000 dollars la tonne — un niveau inédit depuis 2023 — enregistrant une chute journalière proche de 6 %. Cette correction met en lumière la volatilité persistante d’un marché fortement exposé aux mouvements spéculatifs et aux ajustements de la demande mondiale.
Dans ce contexte, Abidjan joue une partie délicate : protéger les planteurs sans déséquilibrer davantage les exportations, tout en conservant sa crédibilité auprès des partenaires financiers et commerciaux internationaux.







Commentaires Facebook