State of the Union: « Les États-Unis sont plus forts que jamais », affirme Trump dans un discours truffé de mensonges

Sa cote de popularité est au plus bas. Une majorité d’Américains estime que ses agents de l’ICE ont outrepassé leurs prérogatives. Et ses droits de douane – son « mot préféré du dictionnaire » et pilier de sa politique économique – ont été invalidés sans appel par la Cour suprême la semaine dernière. Le président Donald Trump était donc sous pression lors de son discours sur l’état de l’Union.

« La nation américaine est de retour. Plus grande, meilleure, plus riche et plus forte que jamais », a-t-il lancé peu après 21 heures. « Lorsque je me suis adressé à vous il y a douze mois, j’avais hérité d’une nation en crise. Une économie stagnante, une inflation record, une criminalité en hausse et le chaos ainsi que des guerres à travers le monde. En seulement un an, nous avons accompli une transformation sans précédent. »

Un discours aux allures de meeting

Donald Trump prend régulièrement la parole, que ce soit sur son réseau Truth Social ou lors de conférences de presse improvisées. Mais la State of the Union reste un exercice particulier : suivie par des dizaines de millions de téléspectateurs, elle constitue un moment clé pour s’adresser directement aux électeurs.

À plusieurs reprises, le discours a pris des allures de meeting de campagne. Le président s’en est pris frontalement aux démocrates présents dans l’hémicycle, qu’il a qualifiés de « dérangés ». Il a haussé le ton à tel point que le son du micro saturait. « Biden et ses alliés m’ont laissé l’inflation la plus élevée de l’histoire », a-t-il affirmé.

L’inflation a effectivement atteint un pic autour de 9 % pendant la pandémie de Covid-19, mais elle était déjà redescendue à environ 3 % lorsque Trump a succédé à son prédécesseur. Si elle a encore reculé au cours de sa première année complète de mandat, de nombreux Américains continuent de juger les prix trop élevés. Beaucoup ne se reconnaissent pas dans « l’âge d’or » que le président a de nouveau promis.

Économie et immigration au cœur du message

Le discours a comporté d’autres approximations, notamment sur les prix des œufs et du carburant. S’ils ont baissé, les chiffres cités par le président correspondent à des situations ponctuelles observées dans certaines stations-service. À huit mois des élections de mi-mandat pour le renouvellement du Congrès, Donald Trump cherchait visiblement à convaincre les électeurs de la réussite de sa politique économique.

L’immigration, thème central de sa campagne, a également occupé une large place. Le président a défendu son action, alors même qu’une majorité d’Américains dit ne plus lui faire confiance sur ce dossier. Il n’a en revanche pas évoqué les cas de Renee Good et Alex Pretti, tous deux abattus par des agents fédéraux envoyés dans le Minnesota. Des élus démocrates avaient apporté des portraits des deux victimes dans l’hémicycle.

Une « State of the Union » alternative

Plusieurs dizaines d’élus démocrates avaient annoncé qu’ils boycotteraient le discours. Certains ont participé à une « People’s State of the Union », organisée à proximité du Capitole.

Parmi eux figurait le sénateur Chris van Hollen, de l’État du Maryland. « Nous connaissons l’état de l’Union », a-t-il déclaré. « Le pays est attaqué par un président qui déchire la Constitution, dont l’armée privée exécute des Américains. Le président le plus corrompu de l’histoire de notre pays. »

À quelques centaines de mètres de là, Donald Trump n’a fait aucune référence à l’affaire Jeffrey Epstein. La cérémonie a toutefois été marquée par une distribution inhabituelle de médailles à des vétérans. L’équipe masculine américaine de hockey sur glace, tout juste sacrée championne olympique à Milan, avait également été invitée pour être honorée.

Malgré les critiques et les controverses, le président a voulu projeter l’image d’un pays « plus fort que jamais ». Reste à savoir si les électeurs partageront ce constat lors des prochaines échéances électorales.

Avec NOS

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