Le 18 février 2026, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture de deux enquêtes distinctes portant sur les ramifications françaises des « Epstein files ». Ces procédures visent, d’une part, des infractions à caractère sexuel susceptibles de relever de la traite des êtres humains et, d’autre part, des faits économiques et financiers tels que le blanchiment d’argent et la fraude fiscale.
Deux enquêtes aux périmètres complémentaires
Enquête cadre n°1 : elle porte sur les infractions à connotation sexuelle, notamment la traite des êtres humains en bande organisée (rabattage, recrutement et exploitation sexuelle). Trois magistrats référents ont été désignés. Cette enquête concerne les faits qui auraient pu être commis en France, par des ressortissants français ou au préjudice de victimes françaises, y compris à l’étranger.
Enquête cadre n°2 : elle cible les aspects économiques et financiers du dossier, notamment le blanchiment, les atteintes à la probité et la fraude fiscale. Elle est conduite sous la supervision de deux magistrats et coordonnée avec le Parquet national financier (PNF).
La procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, a lancé un appel public aux potentielles victimes françaises – ou ayant un lien avec la France – afin qu’elles se manifestent. « Nous voulons être aux côtés de ces victimes. Nous recevrons l’ensemble des déclarations qu’elles souhaiteront faire », a-t-elle déclaré.
Réexamen du dossier Jean-Luc Brunel
Le parquet a également annoncé une réanalyse complète du dossier de Jean-Luc Brunel, agent de mannequins proche de Jeffrey Epstein, retrouvé mort en détention en 2022. L’objectif est d’examiner à nouveau les éléments du dossier, précédemment clôturé après son décès, afin d’identifier d’éventuels faits nouveaux.
Sur les personnes citées
Concernant les affirmations visant nommément certaines personnes, notamment Nina Keita, « présentée par le journal Le Monde comme une entremetteuse pour le pédocriminel », aucune mise en examen ni condamnation n’a, à ce stade, été publiquement annoncée par les autorités judiciaires françaises. Toute éventuelle interpellation ou audition relèvera des décisions des magistrats en charge des enquêtes, dans le respect de la présomption d’innocence.
Dimension internationale
Des experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies ont appelé à des investigations approfondies et impartiales sur les réseaux liés à l’affaire Epstein. Toutefois, aucune procédure formelle n’a été engagée à ce stade devant la Cour pénale internationale (CPI) concernant ces faits.
Les enquêtes ouvertes à Paris devraient permettre d’établir les responsabilités éventuelles et de déterminer si des infractions relevant du droit français ont été commises. Les investigations sont en cours.
D’autres enquêtes de même genre sont aussi en cours aux Etats-Unis et en Angleterre.






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