CAN 2025 : Trois mois à un an de prison pour les 18 supporters sénégalais accusés de débordements au Maroc

Par Fleur Kouadio

Dix-huit supporters sénégalais et un Français ont été condamnés le 19 février 2026 à Rabat à des peines allant de trois mois à un an de prison ferme pour hooliganisme, après les violences survenues lors de la finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal. La défense conteste le verdict et annonce un appel, tandis que l’affaire suscite une vive émotion en Afrique de l’Ouest.

Violences lors de la finale Maroc-Sénégal : le tribunal de Rabat tranche

Le tribunal de Rabat a reconnu coupables 19 prévenus arrêtés après les incidents au stade Moulay Abdellah pendant la finale de la Coupe d’Afrique des nations. Neuf supporters sénégalais écopent d’un an de prison et 5 000 dirhams d’amende, six autres de six mois et 2 000 dirhams, et trois de trois mois avec 1 000 dirhams. Un Français d’origine algérienne, poursuivi pour jet de projectile, a été condamné à trois mois de prison.

Les faits retenus incluent violences contre les forces de l’ordre, dégradations d’équipements sportifs et invasion de pelouse. Le parquet s’appuie sur des images de vidéosurveillance et des certificats médicaux de policiers et stadiers blessés. Les dégâts matériels sont estimés à plus de 370 000 euros.

La défense dénonce des « boucs-émissaires » et fait appel

Les avocats des supporters sénégalais annoncent leur intention de faire appel. Me Patrick Kabou estime que ses clients servent de « boucs-émissaires » et conteste la valeur probante des images. La défense évoque un déclenchement des violences par un stadier après le penalty manqué de Brahim Diaz.

À l’audience, plusieurs prévenus ont exprimé leurs regrets et insisté sur la fraternité entre Marocains et Sénégalais. La barrière linguistique, certains accusés ne parlant que wolof, a nécessité l’intervention du vice-consul du Sénégal à Casablanca comme interprète.

Réactions en Afrique de l’Ouest et enjeux pour la sécurité des supporters

La Fédération sénégalaise de football évoque « sidération et désarroi ». L’affaire résonne au-delà du Sénégal, notamment en Côte d’Ivoire où les déplacements massifs de supporters lors des compétitions CAF sont fréquents. Elle relance la question de la protection et de l’encadrement des fans africains en déplacement.

La Confédération africaine de football avait déjà sanctionné les deux fédérations pour comportements antisportifs. À l’approche de la CAN 2027 et de la Coupe du monde 2030 que le Maroc coorganisera, la gestion de la sécurité et des supporters étrangers s’impose comme un enjeu majeur pour les organisateurs.

F. Kouadio

Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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