Un agent du service juridique de la Banque Atlantique Côte d’Ivoire (BACI) est poursuivi pour avoir détourné des fonds sur les comptes de clients décédés. Le préjudice reconnu par le prévenu s’élève à 227 millions FCFA.
À la barre, Y.F. n’a pas nié les faits.
« J’ai vu une faille dans le système et j’ai été piégé moi-même », a-t-il déclaré.
Il reconnaît avoir imité la signature de ses supérieurs hiérarchiques afin d’autoriser des paiements frauduleux. Grâce à ces manœuvres, il affirme avoir perçu 120 millions FCFA, somme qui lui aurait notamment permis d’acheter deux véhicules, l’un d’une valeur de 40 millions FCFA et l’autre de 80 millions FCFA.
Une faille exploitée dans la procédure successorale
Selon les éléments exposés à l’audience, au décès d’un client, les héritiers doivent fournir plusieurs documents pour la liquidation de la succession : certificat de décès, pièces d’identité et actes de non-appel.
En sa qualité d’agent juridique, le prévenu établissait ensuite un mémo destiné à son supérieur hiérarchique. C’est à ce niveau qu’il affirme avoir exploité une faille.
« Je faisais le mémo au nom d’un commerçant, pas au nom des véritables bénéficiaires. Toutes les pièces figuraient au dossier, sauf que le nom du bénéficiaire n’était pas correct », a-t-il expliqué.
Il soutient qu’au niveau des opérations, trois niveaux de contrôle étaient censés vérifier les pièces et l’identité des bénéficiaires.
« J’ai fait passer un chèque d’un milliard de FCFA. J’ai constaté que les vérifications n’étaient pas faites comme il fallait », a-t-il affirmé.
Profitant de ces insuffisances, il aurait également modifié le taux de commission de la banque, le faisant passer de 2,2 % à 5 %, sans que ses supérieurs ne s’en aperçoivent.
« Vous n’êtes pas seul dans le circuit »
Face à ces explications, la présidente du tribunal a relevé :
« Vous n’êtes pas seul dans le circuit », soulignant la facilité avec laquelle les contrôles internes auraient été contournés, notamment au niveau du chef du département juridique et de la direction des opérations.
Malgré ces observations, le prévenu affirme assumer seul la responsabilité des faits.
Toutefois, selon les responsables de la BACI entendus à l’audience, l’audit interne lancé après son départ a révélé un déficit bien plus important : 446 430 186 FCFA.
Verdict attendu
La décision du tribunal est attendue pour le 12 mars 2026.
Fernand Dedeh






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