Commentaire: La mesure de la corruption est-elle universelle ou contextuelle ?

La publication récente des « Epstein Files » a mis en lumière certains mécanismes de pouvoir et d’influence au sein des élites occidentales. Ces révélations interrogent la manière dont la corruption est analysée, mesurée et présentée au niveau international.

Dès lors, une question se pose : est-il encore pertinent de fonder des comparaisons internationales exclusivement sur les critères établis par des organisations occidentales ? Ces grilles d’évaluation prennent-elles suffisamment en compte les réalités politiques, culturelles et institutionnelles propres à chaque région du monde ?

La perception de la corruption n’est-elle pas, en partie, contextuelle ? Ce qui est considéré comme conflit d’intérêts ou pratique inappropriée dans un pays peut être interprété différemment ailleurs, en fonction des normes juridiques et des traditions politiques.

À titre d’exemple, lorsqu’un dirigeant occidental [ex. Trump] accepte un don ou un avantage significatif de la part d’un État tiers, l’analyse médiatique et institutionnelle diffère-t-elle de celle appliquée à des dirigeants africains ? Les standards sont-ils réellement universels ou variablement interprétés selon le contexte géopolitique ?

Il en va de même des comparaisons entre la Chine et certains pays africains. Peut-on réduire des systèmes politiques et économiques fondamentalement différents à une même catégorie statistique sans tenir compte de leurs trajectoires historiques et de leurs performances économiques ? La Chine a démontré sa capacité à rivaliser avec les économies les plus avancées, ce qui complexifie toute lecture simpliste fondée uniquement sur des indices de perception.

Ces interrogations ne visent pas à nier l’existence de la corruption, qui demeure un défi mondial, mais à questionner les outils d’évaluation et les référentiels utilisés. Une réflexion plus nuancée, intégrant diversité culturelle et pluralité des modèles institutionnels, semble nécessaire pour enrichir le débat.

Commentaires Facebook

Laisser un commentaire