Garantir un revenu décent aux producteurs de cacao : l’objectif fondamental de la coopération dans l'économie mondiale du cacao

Déclaration de SE l’Ambassadeur Aly Touré, porte-parole des pays membres exportateurs de cacao de
l’ICCO, lors de la Conférence des Nations Unies sur le Cacao 2026, au Palais des Nations, à Genève, Suisse.

Monsieur le Représentant du Premier Ministre de la République de Madagascar,
Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je commencerai mon propos en rappelant qu’environ cinq millions d’agriculteurs dans le monde
produisent cette merveilleuse culture qu’est le cacao. Ces agriculteurs, qui sont pour la plupart des petits
exploitants, dépendent presque uniquement des revenus de la production de cacao pour leur subsistance.
La production et le commerce du cacao sont également très importants car ils constituent une source
majeure d’emplois dans le secteur rural, de recettes fiscales, et de devises étrangères pour l’économie des
pays exportateurs. Cela fait du cacao une matière première stratégique, tant au plan du développement
socio-économique, que pour les finances publiques, constituant ainsi un domaine de coopération majeur
dans les relations internationales.
Les défis auxquels sont confrontés la production et le commerce mondiaux du cacao sont nombreux.
Ces défis comprennent, entre autres, le changement climatique, les maladies du cacao, le vieillissement
des plantations, la faible productivité, les difficultés d’accès aux financements, les préoccupations en
matière de sécurité sanitaire des aliments, l’accès aux marchés d’exportation, la durabilité
environnementale, etc. La liste est longue, des défis du secteur, pour l’ensemble des acteurs de la filière,
tant en amont qu’en aval.

S’il est reconnu que beaucoup de travail a été accompli pour relever ces défis, avec plus ou moins de
succès, il reste encore beaucoup à faire pour garantir une économie mondiale du cacao durable qui
profite à toutes les parties prenantes du secteur du cacao, et en particulier des petits producteurs.
Depuis sa création en 1973 pour administrer les premiers accords internationaux sur le cacao et leurs
successeurs, l’Organisation Internationale du Cacao (ICCO) a fourni une plateforme de coopération entre
les pays exportateurs et importateurs de cacao afin de promouvoir une économie mondiale du cacao
forte et durable qui contribue au développement économique des pays producteurs de cacao d’une part,
et d’autre part, de garantir que les fèves et les produits à base de cacao répondent aux exigences élevées
des pays consommateurs de cacao en matière de qualité et de sécurité sanitaire des aliments.
Cependant, si la production et la consommation de cacao restent confrontées à des défis, le secteur et
l’industrie du cacao recèlent également un potentiel énorme et de grandes opportunités qui, si elles sont
exploitées de manière appropriée, peuvent ouvrir la voie à un développement accéléré vers la réalisation
d’une économie mondiale du cacao durable. Tel est l’esprit de l’Accord international sur le cacao de 2026
qui nous est présenté ici aujourd’hui.

Le groupe des pays membres exportateurs de cacao de l’ICCO a travaillé ces dernières années avec ses
homologues des pays membres importateurs de cacao de l’ICCO dans un esprit de partenariat, de

coopération, de sincérité et d’engagement afin de négocier l’Accord international sur le cacao de 2026.
Le nouvel accord est plus innovant que le précédent de 2010, en ce qu’il identifie plus clairement les
domaine,

Prioritaires sur lesquels se concentrer pour parvenir à une économie mondiale du cacao plus durable. La
Conférence des Nations unies sur le cacao de 2026, qui se tient aujourd’hui, est l’aboutissement de
plusieurs années de travail, de recherche de consensus et d’alignement des intérêts communs afin
d’assurer la continuité de la plateforme fournie par l’Organisation Internationale du Cacao.
Excellences, Mesdames et Messieurs, chers participants à la conférence, nous présentons aujourd’hui au
monde entier le projet d’Accord international sur le cacao de 2026, conscients que sans les producteurs
de cacao, il n’y aurait pas d’industrie du cacao et, par conséquent, pas de chocolat ni d’autres confiseries
que le monde entier aime tellement déguster. Dans cette optique, la mise en œuvre de l’Accord
international sur le cacao de 2026 doit se concentrer sur quatre questions majeures.

1. 1 ère priorité : le revenu vital pour les producteurs de cacao

Nous sommes tous d’accord pour dire que les producteurs de cacao travaillent très dur pour produire le
cacao, appelé historiquement « la Nourriture des Dieux ». Malheureusement, beaucoup d’entre eux
vivent encore en-dessous du seuil de pauvreté. Nous devons redoubler d’efforts pour changer cette
situation. Pendant trop longtemps, les parties prenantes se sont concentrées davantage sur la durabilité
sociale et environnementale de la production de cacao, négligeant le pilier primordial de la durabilité, à
savoir l’atteinte de la durabilité économique par des prix justes et rémunérateurs. Nous reconnaissons et
apprécions les efforts qui ont été faits dans ce sens, mais il faut faire plus et plus vite.
Les producteurs de cacao doivent obtenir des prix justes pour leur cacao. Ils doivent être payés à un prix
qui leur assure un revenu décent leur permettant de mener une vie décente. Nous savons que cela est
possible. Nous savons que cela est à notre portée.
A la faveur de la 5 ème conférence Mondiale sur le Cacao qui s’est tenue à Bruxelles le 22 avril 2024, Suite au
plaidoyer de sa Majesté la Reine Mathilde du Royaume Belge, Sa Majesté la Reine Mathilde du Royaume Belge
disait et je la cite. << Je n’oublie pas les messages qui m’ont été donnés en Cote d’Ivoire par les acteurs de la
filière. Que le cacao devienne durable, ce qui signifie un travail et une rémunération décente pour les
producteurs, des enfants qui puissent aller à l’école et des forêts qui sont préservés.
Au nom du Collège des Producteurs de l’ICCO, je dis merci à sa Majesté pour la défense de nos braves
producteurs d’Afrique, d’Asie, et des Amériques.

2. 2 ème priorité : la répartition équitable de la valeur

Les producteurs de cacao sont la poule aux œufs d’or du secteur et de l’industrie du cacao. Mais quelle
est la part de la valeur totale de l’industrie qui revient aux agriculteurs ? Le chiffre généralement cité
pour la part des agriculteurs est de moins de 10 %. Cela doit changer et nous pouvons travailler
ensemble pour y parvenir en priorité. Nous savons que la question est complexe, mais sa complexité ne
doit pas nous dissuader d’essayer de résoudre le problème.
Dans la chaîne de valeur du cacao, la valeur ajoutée est plus importante en aval qu’en amont. Il faut faire
davantage pour que les pays producteurs de cacao ajoutent plus de valeur aux fèves de cacao,

notamment par la transformation locale, et la production de produits transformés et de chocolat à
l’origine, afin d’obtenir une part plus importante du total que celle dont ils bénéficient actuellement.

3. 3 ème priorité : la réduction des barrières commerciales et améliorer l’accès au marché

L’exportation de fèves de cacao et de produits dérivés du cacao se heurte encore à certaines barrières
tarifaires et surtout non tarifaires dans la plupart des pays importateurs. Tout en reconnaissant le droit
souverain des nations d’imposer des conditions à l’entrée sur leur territoire de produits alimentaires,
celles-ci doivent être mises en place d’une manière telle que leur impact soit le plus réduit possible sur le
prix du cacao et sur les revenus des producteurs de cacao. Or nous constatons une augmentation
alarmante des barrières non tarifaires, en particulier en ce qui concerne les mesures de sécurité sanitaire
des aliments.

4. 4 ème priorité : l’augmentation du nombre de membres de l’ICCO et multiplication des activités sur la scène internationale

Nous devons élargir notre famille de membres exportateurs et importateurs de cacao de l’ICCO afin
d’étendre la portée et l’efficacité des initiatives politiques visant à améliorer l’économie mondiale du
cacao. C’est une excellente occasion de le faire et nous espérons que davantage de pays adhéreront à
l’Accord international sur le cacao de 2026 que à tout autre accord jamais enregistré.

Conclusion

L’Accord international sur le cacao de 2026 est un accord que nous apprécions tous et qui, selon nous,
améliorera considérablement l’économie mondiale du cacao s’il est mis en œuvre de manière complète et
volontariste. Cependant, notre travail aujourd’hui est la partie la plus facile. L’accord doit maintenant
être signé par un nombre suffisant de pays et ceux-ci doivent déposer leur instrument d’application
provisoire, de ratification, d’approbation ou d’acceptation avant que l’accord puisse entrer en vigueur.
À cet égard, j’appelle tous les membres actuels de l’ICA 2010 à signer immédiatement l’ICA 2026 et à
déposer leur instrument d’application provisoire afin que l’accord entre en vigueur. Deux Etats suffisent
pour son entrée en vigueur, mais nous avons besoin de plus d’Etats pour la stabilité financière de notre
organisation.

Au nom des pays membres exportateurs de cacao de l’ICCO, je tiens à remercier la secrétaire générale
de la CNUCED, le secrétaire général adjoint et l’ensemble du personnel de la CNUCED pour leur
coopération avec nous afin de faire de cette journée un succès. Nous vous sommes reconnaissants
d’avoir accueilli cette conférence, tout comme vous avez accueilli toutes les précédentes conférences des
Nations unies sur le cacao.

À tous les représentants des pays présents ici et à ceux qui se sont connectés pour écouter en ligne, nous
vous reconnaissons et nous vous remercions.

Je vous souhaite à tous une conférence fructueuse et des résultats positifs.

Genève, vendredi 13 Février 2026

Commentaires Facebook

Laisser un commentaire