
Le gouvernement kényan hausse le ton face aux informations faisant état de l’enrôlement forcé de ses ressortissants dans les rangs de l’armée russe engagée en Ukraine. Le ministre des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, est attendu à Moscou pour évoquer cette situation jugée « inacceptable » par Nairobi.
Selon les autorités kényanes, des recruteurs illégaux promettraient à de jeunes Kényans des emplois bien rémunérés en Russie, notamment comme agents de sécurité ou vendeurs. Une fois sur place, certains seraient contraints de rejoindre le front ukrainien pour combattre aux côtés des forces russes.
« Il est inacceptable que des Kényans soient utilisés comme chair à canon », a déclaré le vice-ministre kényan des Affaires étrangères, Korir Sing’Oei. « Aucun Kényan ne participerait volontairement à une telle chose. »

Environ 200 Kényans concernés
Le gouvernement estime qu’environ 200 ressortissants kényans auraient été recrutés, bien que le nombre exact reste incertain. Aucun d’entre eux ne serait passé par les voies officielles de recrutement.
Les autorités demandent également la libération des prisonniers de guerre kényans actuellement détenus en Ukraine. « Les familles avec lesquelles nous avons parlé disent ne pas avoir pu enterrer leurs proches, leurs corps se trouvant toujours en Russie ou en Ukraine », a affirmé Musalia Mudavadi. Le nombre précis de victimes kényanes demeure inconnu.
Réaction diplomatique et mesures internes
Face à la gravité des faits, Nairobi affirme avoir fermé plus de 600 agences de recrutement soupçonnées d’escroquerie et d’activités frauduleuses. À ce jour, 27 Kényans ayant combattu en Russie ont été évacués, selon le ministre.
Les services de renseignement ukrainiens estiment, pour leur part, que plus de 1 400 ressortissants issus de 36 pays africains auraient été recrutés pour combattre aux côtés de la Russie depuis le début du conflit. L’Ukraine a également été critiquée par le passé pour avoir tenté de recruter des combattants étrangers, notamment en Afrique.
Une dimension africaine croissante
Cette affaire souligne la dimension internationale croissante du conflit en Ukraine, qui attire ou implique des ressortissants de nombreux pays africains, parfois dans des conditions opaques.
Mardi, le gouvernement sud-africain a annoncé que le président russe Vladimir Poutine s’était engagé à faciliter le rapatriement des Sud-Africains présents en première ligne.
La visite de Musalia Mudavadi à Moscou sera donc scrutée de près, alors que Nairobi exige des explications et des garanties pour éviter que ses citoyens ne soient entraînés, volontairement ou non, dans un conflit qui dépasse largement leurs frontières.
Here is a painful voice of a young Kenyan lured to join the Russian army to fight with Ukraine with zero military experience…. Kenyan government has so far only « sympathized with the families. » pic.twitter.com/KbzCvOedtL
— Juma G (@jumaf3) December 10, 2025






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