La crise interne au PDCI-RDA franchit un nouveau cap. Les trois députés-maires du parti dans la ville d’Abidjan — Jean-Marc Yacé (Cocody), Jacques Ehouo (Le Plateau) et Emmou Sylvestre (Port-Bouët) — ont décidé de tourner le dos au groupe parlementaire, marquant une fronde ouverte contre la direction actuelle.
Un coup dur pour Tidjane Thiam, dont le leadership était déjà contesté en interne.
Une contestation latente devenue visible
Depuis plusieurs mois, des critiques circulaient dans les rangs du vieux parti fondé par Félix Houphouët-Boigny. La longue absence de Tidjane Thiam du territoire national, son style jugé distant, parfois perçu comme arrogant — à tort ou à raison — ainsi que des reproches liés à un supposé manque de considération envers les « doyens » et figures historiques du parti, alimentaient un malaise silencieux.
La rupture opérée par ces trois poids lourds politiques donne désormais un visage public à cette contestation.
Un symbole fort à Abidjan
L’enjeu est de taille. Jean-Marc Yacé, Jacques Ehouo et Emmou Sylvestre sont les seuls députés PDCI-RDA élus à Abidjan, le RHDP ayant remporté l’ensemble des autres sièges dans la capitale économique. Leur prise de distance affaiblit symboliquement et stratégiquement le parti dans un bastion électoral clé.
Au-delà de la dimension parlementaire, c’est un signal politique majeur : ces élus sont également maires de communes stratégiques, disposant d’un ancrage local solide et d’une influence non négligeable sur les appareils militants.
Une fronde inédite
Jamais depuis la recomposition de l’opposition post-2018, le PDCI-RDA n’avait connu une contestation aussi visible venant de figures aussi centrales. Cette fronde, qui s’ajoute a celle des Billon, Guikahué etc., pose directement la question de la cohésion interne à l’approche des échéances électorales.
S’agit-il d’un simple désaccord tactique ou du début d’un réalignement plus profond au sein du parti ?
Tous les regards vers Tidjane Thiam
Face à cette situation, l’interrogation est désormais stratégique : comment le président du parti peut-il ramener les mécontents « à la maison » ?
Plusieurs options s’offrent à lui :
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ouvrir un dialogue interne structuré,
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réaménager les équilibres dans l’appareil du parti,
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ou au contraire, affirmer son autorité au risque d’accentuer les divisions.
La capacité de Tidjane Thiam à gérer cette crise interne sera déterminante pour son autorité et pour la crédibilité du PDCI-RDA comme alternative politique nationale.
À Abidjan comme au sein de l’opposition ivoirienne, l’équation est désormais posée.
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