Le régime militaire burkinabè a franchi un nouveau cap dans le durcissement de la transition. Par un décret adopté par le gouvernement, les autorités ont décidé de dissoudre l’ensemble des partis politiques et d’abroger les lois qui encadraient leur fonctionnement. Les actifs des formations politiques seront désormais transférés à l’État, selon le texte officiel.
Depuis la prise du pouvoir par l’armée en 2022, à la suite d’un coup d’État, les partis politiques étaient déjà privés de toute activité réelle. Le décret vient donc formaliser une situation de fait, en supprimant toute existence légale aux organisations partisanes.
La justification officielle : lutter contre la “prolifération”
Pour le ministre de l’Administration territoriale, Zerbo, la mesure se justifie par la « prolifération des partis politiques », accusés d’avoir favorisé « des excès et des divisions au sein de la population ». Il a annoncé que de nouveaux projets de loi encadrant la création de futurs partis pourraient être soumis au Parlement « dans les plus brefs délais », sans préciser le calendrier ni les garanties démocratiques.
Le Burkina Faso est aujourd’hui dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir après avoir renversé, en septembre 2022, un précédent régime militaire lui-même issu d’un coup d’État.
Un contexte sécuritaire toujours critique
Cette décision intervient dans un pays confronté depuis plusieurs années à une violence djihadiste persistante. Si le chef de la junte affirme avoir reconquis d’importants territoires contrôlés par des groupes armés, ces affirmations sont contestées par ses détracteurs.
Selon un rapport récent de l’Institut pour l’économie et la paix, le Sahel demeure « l’épicentre mondial du terrorisme ». Le document indique qu’en 2024, le Burkina Faso à lui seul concentrait près d’un cinquième des décès liés au terrorisme dans le monde, soulignant l’ampleur de la crise sécuritaire.
Une dynamique régionale préoccupante
Après des décisions similaires prises au Mali, la dissolution des partis politiques au Burkina Faso confirme une tendance lourde dans l’espace sahélien, où les régimes militaires privilégient la centralisation du pouvoir au détriment du pluralisme politique, au nom de la sécurité et de la stabilité.






Commentaires Facebook