
Les statistiques de l’Assemblée nationale ivoirienne mettent en lumière un déséquilibre générationnel et sociologique préoccupant. Avec une moyenne d’âge de 58,9 ans, le Parlement apparaît largement dominé par les générations les plus âgées. Près de 59 % des députés ont entre 50 et 64 ans, tandis que 24,4 % ont 65 ans et plus. À l’inverse, les moins de 35 ans ne représentent qu’environ 1 % des élus.
Cette configuration interroge la capacité de l’institution à refléter la diversité démographique du pays, dans une Côte d’Ivoire pourtant majoritairement jeune. Le fossé générationnel pose la question du renouvellement des élites politiques et de la prise en compte effective des préoccupations de la jeunesse, notamment en matière d’emploi, d’éducation et d’innovation.
La faible représentation des femmes, limitée à 13,4 % des députés, renforce ce constat de déséquilibre. Sur le plan socioprofessionnel, l’Assemblée est dominée par des opérateurs économiques et des profils technocratiques, laissant peu de place aux catégories issues du monde ouvrier, rural ou informel, pourtant centrales dans la réalité socio-économique du pays.
Au-delà de l’expérience indéniable que représentent les aînés, ces chiffres traduisent un blocage structurel du renouvellement politique. Ils posent avec acuité la question d’une réforme du système de sélection des candidats et des mécanismes favorisant une représentation plus inclusive, plus jeune et plus féminine, condition essentielle d’une démocratie véritablement représentative.







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