
Le président du Congrès pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), Charles Blé Goudé, a dévoilé, ce mercredi 28 janvier 2026, les grandes orientations de son projet politique à l’occasion d’une conférence publique tenue à la Maison de la Presse d’Abidjan-Plateau. Une vision qu’il dit recentrée sur « l’essentiel et les priorités », en rupture avec ce qu’il qualifie de dispersion institutionnelle et de politiques publiques peu impactantes sur le quotidien des Ivoiriens.
Devant un public composé de militants et cadres du COJEP, de journalistes, de professionnels des médias et d’acteurs de la société civile, l’ancien pensionnaire de la Cour pénale internationale (CPI) a déroulé une feuille de route ambitieuse, fondée sur des valeurs sociales fortes, des réformes structurelles et une refondation en profondeur de l’État, après avoir posé un diagnostic sévère des maux qui minent la société ivoirienne.
Dans un discours empreint d’émotion, Charles Blé Goudé a affirmé son ambition de bâtir une Côte d’Ivoire rassemblée, fondée sur l’humanisme, la solidarité, la justice et l’équité. Il a plaidé pour une société où les divergences politiques se règlent par le dialogue plutôt que par la violence, et où la liberté d’expression est garantie dans le respect des lois.
« Je milite pour la social-démocratie », a-t-il déclaré. L’ex-leader de la galaxie patriotique promet, une fois au pouvoir, une redistribution plus équitable des richesses nationales, avec une attention particulière portée aux couches sociales les plus vulnérables.
L’éducation comme socle du progrès
Dans la vision de la « nouvelle Côte d’Ivoire » qu’il appelle de ses vœux, l’éducation nationale occupe une place centrale. Pour Charles Blé Goudé, il ne peut y avoir de progrès durable sans un système éducatif performant. Il propose ainsi une réforme profonde de l’éducation, incluant la mise en place d’un programme d’immersion patriotique et citoyenne destiné aux jeunes âgés de 16 à 25 ans.
Conscient de l’ampleur du défi du chômage des jeunes, il s’engage à offrir à chaque jeune un métier et un emploi décent, à travers la modernisation de la formation professionnelle, la création de pôles régionaux de développement économique et la mise en place d’un fonds de soutien aux auto-entrepreneurs.
Santé, social et agriculture au cœur des priorités
Sur le plan sanitaire, le leader du COJEP affirme vouloir porter l’espérance de vie des Ivoiriens à 70 ans. Pour y parvenir, il annonce un système de santé moderne et accessible, la lutte contre les déserts médicaux, le renforcement des plateaux techniques en zones rurales, une meilleure gestion des urgences sanitaires et la création d’un Fonds minimum garanti de gestion des urgences.
Au plan social, la lutte contre la pauvreté et la modernisation de l’agriculture figurent également parmi ses priorités. Il souhaite engager une réforme de la sécurité sociale afin de redonner dignité aux 47 % d’Ivoiriens vivant dans la pauvreté, avec la création d’un ministère dédié, d’un fonds national d’assistance sociale et d’une carte nationale d’assurance sociale digitalisée.
Dans le secteur agricole, Charles Blé Goudé annonce un plan d’urgence pour la souveraineté alimentaire, la professionnalisation des paysans, un plan social du paysan ainsi que la création d’un fonds dédié à la recherche et à l’innovation agricoles.
Gouverner par l’essentiel
Par « gouverner par l’essentiel », Charles Blé Goudé entend refonder l’administration publique, lutter contre la corruption qu’il qualifie de fléau national, et instaurer une politique de tolérance zéro, fondée sur la bonne gouvernance.
Sur le plan institutionnel, il propose une refonte profonde de l’architecture de l’État, avec la suppression d’institutions qu’il juge « non essentielles et non prioritaires », notamment le Sénat, la vice-présidence de la République et les ministres-gouverneurs. Les ressources ainsi économisées seraient réinvesties dans des secteurs jugés prioritaires, tels que l’éducation et la santé.
Enfin, Charles Blé Goudé a plaidé pour un dialogue politique franc et permanent entre les acteurs de la vie nationale.
« Les pressions, les tensions et les élections sont désormais derrière nous. Il nous faut reprendre le dialogue là où nous l’avons laissé », a-t-il lancé pour conclure.
Cette conférence publique s’inscrivait sous le thème : « Une nouvelle Côte d’Ivoire est possible ».
De Kouassi, pour Connectionivoirienne






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