Abidjan, 27 janvier 2026 – L’affaire opposant Jean-François Kouassi, dit JFK, à ses plaignants a connu un dénouement ce lundi au tribunal d’Abidjan avec une condamnation à 15 jours de prison ferme, complétée par 8 mois avec sursis et 500 000 FCFA d’amende. Une sanction que beaucoup jugent symbolique, au regard des attentes initiales des parties civiles.
Le procès, très suivi par les jeunes et les médias, portait sur des accusations allant de la diffamation à des préjudices allégués. Dès l’ouverture de l’audience, JFK a adopté une posture confiante, défendant son droit à la liberté d’expression et dénonçant l’opacité de certaines pratiques :
« Je ne peux pas regarder et me taire, parce que l’affaire des concours nous concerne en premier, nous, les jeunes du pays. S’il faut que j’aille en prison, je l’accepte, mais je ne souhaite pas qu’on m’enlève ma liberté de parler dans ce pays. Des concours occultes sont organisés à la Douane, et vous ne voulez pas qu’on en parle en public ? »
Le tribunal a jugé que la peine couvrait déjà la détention provisoire de JFK, qui a donc recouvré sa mardi. Pour de nombreux observateurs, cette décision constitue un camouflet pour les plaignants, qui espéraient un verdict plus sévère et un effet dissuasif plus marqué.
Pour ses partisans, la décision est une victoire symbolique, illustrant la nécessité de preuves solides pour obtenir gain de cause devant la justice. Les plaignants affirment toutefois rester déterminés à faire valoir leurs droits, mais cette première issue pourrait influencer la suite de la procédure.
L’affaire relance également le débat sur l’efficacité et l’équité du système judiciaire ivoirien dans le traitement des litiges impliquant des personnalités publiques ou médiatiques.
Interpellé le 8 janvier, après avoir organisé un sit-in devant le ministère de la Fonction publique pour dénoncer la corruption, JFK s’est rapidement fait connaître. Bien qu’il ne soit pas devenu le « président des jeunes », il a convaincu environ 150 étudiants, venus assister à l’ouverture de son procès le 26 janvier, souvent pendant leurs heures de cours ou de travail.
Cette affaire met en lumière l’opacité persistante autour des concours de la fonction publique en Côte d’Ivoire, où il devient quasiment impossible d’être admis sans le paiement d’un ou plusieurs millions de FCFA. Un secret de polichinelle connu de la population mais laissé prospérer par les autorités, selon les critiques.






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