
En pleine crise du cacao, les autorités ivoiriennes ont procédé à la fermeture du SYDORE, le Système d’Information de l’Organe de Régulation, une plateforme numérique clé dans la gestion logistique de la filière cacao. Une décision qui suscite incompréhension et colère chez de nombreux acteurs du secteur.
Le SYDORE permet d’établir les connaissements des camions transportant le cacao avant leur départ des magasins de l’intérieur du pays vers les ports d’Abidjan et de San Pedro. Cet outil avait été conçu pour fluidifier la chaîne d’exportation et éviter l’encombrement des ports par des camions en attente de chargement.
Selon plusieurs sources proches du dossier, la suspension du système intervient dans un contexte où le cacao n’est pas exporté au rythme habituel, en raison des difficultés actuelles d’enlèvement des stocks. Les autorités espèrent ainsi empêcher l’arrivée massive de camions dans les zones portuaires et limiter les embouteillages logistiques à Abidjan et San Pedro.
Cependant, dans les milieux des acteurs de la filière cacao, la décision est très mal accueillie. Exportateurs, pisteurs et opérateurs logistiques dénoncent une mesure prise sans concertation, ni communication préalable. Certains parlent même de « manœuvre malhonnête », estimant que la désactivation du SYDORE revient à bloquer artificiellement la circulation du cacao, sans s’attaquer aux causes profondes de la crise.
« Le système a été coupé du jour au lendemain, sans avertissement. Comment travailler dans ces conditions ? », s’indigne un exportateur sous couvert d’anonymat. Pour d’autres acteurs, cette fermeture accentue la précarité des producteurs, déjà confrontés à des difficultés d’écoulement de leurs fèves et à des prix largement inférieurs au prix garanti.
Cette situation alimente un peu plus les critiques sur la gestion de la filière cacao, pilier de l’économie ivoirienne, et ravive les accusations d’opacité dans les décisions prises par les autorités de régulation. Alors que les stocks de cacao s’accumulent dans les zones de production, beaucoup s’interrogent sur la capacité du système actuel à répondre efficacement à une crise qui pénalise avant tout les planteurs.
À ce stade, aucune communication officielle détaillée n’a été faite sur la durée de la suspension du SYDORE ni sur les mesures alternatives envisagées pour sécuriser la chaîne d’exportation. En attendant, la filière cacao reste plongée dans l’incertitude, sur fond de défiance croissante entre les acteurs du secteur et les autorités.
@synapcisydicatagr♬ son original – SYNAP-CI






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