La gestion des investissements publics financés par le Trésor ivoirien suscite des interrogations, notamment en ce qui concerne le rôle et l’évaluation des dépenses de la Présidence de la République par la Cour des Comptes.
Selon les données relatives à l’exécution budgétaire de l’année 2024, la Présidence de la République est l’institution étatique ayant réalisé le volume le plus important de dépenses d’investissement sur financement du Trésor public, avec un montant estimé à plus de 478,6 milliards de FCFA, soit environ 23 % de l’ensemble des investissements publics financés sur ressources nationales. Ce niveau de dépenses place la Présidence largement en tête, devant les ministères et autres institutions de la République.
Pourtant, dans ses rapports d’audit de la performance, réalisés conformément aux principes de la norme internationale ISSAI 300, la Cour des Comptes n’a pas communiqué d’éléments relatifs au ratio d’efficience des investissements engagés par la Présidence de la République. Les audits publiés portent essentiellement sur les ministères sectoriels et, au niveau institutionnel, s’arrêtent généralement à la Primature.
Cette situation contraste avec l’importance budgétaire de la Présidence, dont les investissements dépassent ceux de nombreuses structures régulièrement auditées. L’absence d’évaluation publique de l’efficience de ces dépenses alimente ainsi le débat sur l’exhaustivité et l’équité du contrôle de la dépense publique.
La norme ISSAI 300, qui encadre l’audit de la performance, vise à apprécier l’économie, l’efficience et l’efficacité des politiques et programmes financés sur fonds publics. À ce titre, plusieurs observateurs estiment que toutes les institutions exécutant des volumes significatifs de dépenses devraient être soumises aux mêmes exigences d’évaluation.
Dans un contexte marqué par des besoins sociaux importants et des contraintes budgétaires croissantes, la question de la redevabilité des grands ordonnateurs de la dépense publique demeure au cœur des préoccupations. La publication d’analyses complètes sur l’efficience des investissements de la Présidence de la République pourrait, selon certains analystes, contribuer à renforcer la transparence et la confiance dans la gestion des finances publiques.
Pour l’heure, la Cour des Comptes ne s’est pas exprimée publiquement sur les raisons de l’absence d’audit spécifique portant sur l’efficience des investissements de la Présidence de la République.







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