Pourquoi Ouattara a reconduit Beugré Mambé à la primature : les calculs secrets du palais

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Salut à tous et bienvenue sur notre page « Clark’n News », page de décryptage d’infos sans filtre. Si vous suivez l’actualité ivoirienne, vous n’avez pas pu la rater. La nouvelle a fait l’effet d’une petite bombe à Abidjan et dans les chancelleries. Ce mercredi, alors que tout le monde s’attendait à un changement, à un coup de théâtre, le président Alassane Ouattara a reconduit Robert Beugré Mambé au poste de Premier ministre. Point. Fin de la période de spéculations. Mais attendez… est-ce vraiment si simple ? Un simple choix de continuité ? Ou est-ce que derrière cette annonce, apparemment banale, se cachent les calculs les plus subtils, les plus secrets, pour l’avenir de la Côte d’Ivoire et surtout, pour la succession de celui qu’on appelle le « Vieux » ? On a parlé de l’ombre de « Photocopie », le frère du président. On a parlé de guerre de clans au sein du RHDP. On a parlé de transmission générationnelle. Alors, que s’est-il vraiment passé dans la tête d’Alassane Ouattara ? Pourquoi Beugré Mambé, et pas un autre ? C’est ce qu’on va décrypter ensemble aujourd’hui. Restez bien jusqu’à la fin, parce que les implications sont énormes. Pour bien comprendre, il faut revenir en arrière de quelques semaines. L’atmosphère à Abidjan était électrique. Le mandat de Beugré Mambé arrivait à son terme, et le jeu des pronostics était ouvert. Et là, un nom a surgi avec une force incroyable : Téné Birahima Ouattara. Surnommé « Photocopie ». Le frère du président, et ministre de la Défense. Son nom s’est imposé dans tous les débats, dans tous les couloirs, dans tous les journaux. Pourquoi ? Parce qu’il incarne la loyauté familiale absolue, la main de fer sur l’appareil sécuritaire. Le choisir, c’était envoyer un signal de fermeté, de contrôle total. Les rumeurs sont devenues si fortes que beaucoup y ont cru. On a parlé d’un flottement institutionnel, d’une bataille silencieuse au sommet de l’État. Si Ouattara choisissait son frère, le message était clair : la famille garde les rênes, coûte que coûte. La transition, si transition il devait y avoir, serait strictement contrôlée, verrouillée même. C’était une hypothèse crédible, qui a alimenté toutes les spéculations. Mais finalement, le choix s’est porté sur Robert Beugré Mambé. Alors, pourquoi lui ? Première clé de lecture : la stabilité. Beugré Mambé, c’est l’homme de la continuité économique. C’est lui qui a piloté le gouvernement ces derniers temps. Dans un contexte international difficile, avec des défis économiques majeurs, changer de pilote en plein vol aurait pu être perçu comme un risque. Ouattara, l’économiste, le technocrate, privilégie la prudence. Beugré Mambé est connu, rassure les marchés, rassure les partenaires internationaux. C’est un choix qui dit : « On ne change pas une équipe qui gagne », du moins sur le plan économique. Deuxième point, et c’est crucial : Beugré Mambé n’est pas une menace. Il n’est pas perçu comme un successeur potentiel et incontournable à la présidence. Il a son propre poids, certes, mais il ne fait pas de l’ombre à d’autres ambitions plus jeunes, plus en vue au sein du RHDP. En le maintenant, Ouattara gèle la situation. Il évite de propulser sur le devant de la scène une personnalité qui pourrait, demain, devenir un rival pour le ou les candidats qu’il souhaite vraiment promouvoir. C’est une manière de garder la main sur le calendrier de la succession. Troisième élément, le plus sensible : la neutralisation des tensions internes. Imaginez la scène au sein du RHDP. Si Ouattara avait choisi son frère « Photocopie », cela aurait été perçu comme un coup de force clanique. Cela aurait probablement exaspéré d’autres courants, d’autres barons du parti qui espèrent eux aussi une part du gâteau ou influer sur la succession. Cela aurait pu créer des fractures. À l’inverse, choisir un autre poids lourd, issu d’un autre clan, aurait déséquilibré les forces en présence et déclenché des jalousies. Beugré Mambé, dans une certaine mesure, fait consensus. Il est un compromis acceptable par tous, ou en tout cas, un choix qui ne favorise pas ouvertement un clan au détriment d’un autre. C’est un tampon. Une solution temporaire qui permet à Ouattara de garder toutes les cartes en main, sans déclencher de guerre ouverte au sein de sa propre famille politique. C’est extrêmement habile. Et c’est là qu’on arrive au cœur du sujet : la fameuse « transmission générationnelle ». Ouattara en parle régulièrement. Il évoque la nécessité de passer le flambeau à une nouvelle génération. Alors, ce choix de Beugré Mambé, est-ce un démenti ? Pas forcément. En réalité, cela pourrait être tout le contraire. En maintenant Beugré Mambé, Ouattara se donne du temps. Du temps pour préparer en coulisses la relève. Du temps pour évaluer les prétendants de cette nouvelle génération – je pense à des figures comme Kandia Camara, à des plus jeunes qui émergent. Du temps pour négocier, pour construire des alliances. Beugré Mambé, dans ce scénario, n’est pas le futur. Il est le gardien du présent, le stabilisateur qui permet au « Vieux » de préparer l’après en toute tranquillité, sans précipitation. C’est peut-être la première étape d’un schéma de succession long et méticuleusement orchestré. La prochaine étape, ce pourrait être un remaniement ministériel significatif, où l’on verrait monter des visages plus jeunes, pour les tester, les exposer. Puis, le moment venu, dans un an, deux ans, le changement de Premier ministre deviendra le vrai signal du choix du successeur. Là, ce sera le grand saut. Alors, conclusion ? Le reconduit-on par défaut ? Absolument pas. Ce choix est tout sauf un hasard ou un manque d’imagination. C’est un calcul politique à plusieurs niveaux. Niveau 1 : Assurer la stabilité économique et institutionnelle à court terme. Niveau 2 : Geler la course à la succession pour garder le contrôle. Niveau 3 : Apaiser les tensions internes au RHDP en évitant un choix trop clivant. Niveau 4 : Se donner le temps de préparer la relève générationnelle en toute discrétion. En apparence, c’est la continuité. En réalité, c’est une pause stratégique. Une respiration dans le processus politique ivoirien. Ouattara ne tire pas de conclusion hâtive. Il place son pion, un pion sûr, et observe l’échiquier. Il garde toutes les options ouvertes pour l’étape d’après, la seule qui compte vraiment : celle de sa propre succession. Alors, que faut-il surveiller maintenant ? Deux choses. D’abord, la composition du nouveau gouvernement de Beugré Mambé. Quels visages vont y entrer ? Va-t-on voir émerger des ministres plus jeunes, potentiellement des successibles ? Ensuite, il faudra guetter les prochains discours d’Alassane Ouattara. Les mots qu’il utilisera pour parler de l’avenir, de la jeunesse, de la transmission. Une chose est sûre : le jeu est loin d’être terminé. La reconduction de Beugré Mambé n’est pas la fin de l’histoire. C’est peut-être même le tout premier chapitre du dernier grand livre du règne d’Alassane Ouattara. Un livre dont il veut écrire chaque ligne, jusqu’à la dernière.

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