
Il s’est installé un mur d’incompréhensions entre la direction générale des Impôts soutenue par des agents et la faitière syndicale Codidgi regroupant trois syndicats dont l’Anadgi. La dernière sortie du Secrétaire général de l’Anadgi, Michael Dougrou relativisant les performances vantées, n’est pas du goût de la direction générale des Impôts. Les dévoués à la cause du Dg Abou Sié n’hésitent pas à accuser Dougrou et ses amis d’être en mission commandée, dans une »lutte par procuration ». Toute chose qui suscite un nouveau recadrage de la Coordination dignité de la direction générale des Impôts (Codidgi). Cette faitière apporte ici un éclairage critique dans ce qu’elle qualifie de »Analyse critique » d’un article paru chez notre confrère Tribune Ivoire du DP, G. de Gnamien.
ANALYSE CRITIQUE DE L’ARTICLE
L’article révèle une inversion troublante de la réalité où le DG tente de discréditer des revendications légitimes en les qualifiant d’illégales, tout en évitant soigneusement d’aborder le fond des problèmes soulevés. Les Contradictions Majeures
1. Sur la question de la « procuration » Le DG affirme que demander des actions pour les agents équivaut à « agir par procuration ». C’est un sophisme juridique. Un syndicat qui défend les intérêts collectifs de ses membres exerce son mandat légal et constitutionnel, pas une procuration. La différence est fondamentale : • Une procuration est un acte individuel et privé • Un mandat syndical est une mission collective reconnue par la loi et la Constitution
2. L’accusation de « mauvaise foi » Qualifier de « mauvaise foi » des revendications portant sur 73 postes vacants et des réformes organisationnelles est une stratégie de diversion. Le DG ne réfute pas les faits (les postes sont-ils vraiment vacants ? Les réformes sont-elles justifiées ?), il attaque la légitimité de celui qui les soulève.
3. Le silence sur le fond L’article ne contient aucune réponse concrète sur : • Les 73 postes vacants • Les réformes organisationnelles contestées • La situation des agents sur le terrain Réponse Point par Point Sur la « Procuration » Argument juridique : « Le Directeur Général confond délibérément représentation syndicale et procuration. Un syndicat qui interpelle sa hiérarchie sur les conditions de travail de ses membres n’agit pas « par procuration », il exerce sa mission constitutionnelle (art. 19 de la Constitution ivoirienne) et ses prérogatives légales définies par le Code du Travail. Affirmer le contraire revient à nier le droit syndical lui-même. Si défendre les intérêts des agents était « illégal », toute action syndicale le serait. C’est juridiquement insoutenable. » Sur la « Mauvaise Foi » Contre-argumentation : « Qualifier nos revendications de « mauvaise foi » sans apporter la moindre réfutation factuelle est révélateur. Nous avons documenté nos demandes :
• 73 postes non pourvus → est-ce vrai ou faux ?
• Réformes organisationnelles contestées → lesquelles et pourquoi ?
La mauvaise foi consisterait à dénoncer des problèmes inexistants. Le DG peut-il prouver que nos données sont erronées ? Sinon, qui est réellement de mauvaise foi : celui qui soulève des dysfonctionnements avérés ou celui qui refuse d’en débattre ? »
Sur le Dialogue Interne Réponse pragmatique : « Le DG invoque le « manque de dialogue interne ». C’est précisément parce que le dialogue interne a échoué que nous avons dû rendre publiques nos préoccupations. Combien de lettres, de mémos, de demandes d’audience sont restés sans réponse ? Le dialogue suppose deux parties qui s’écoutent. Quand l’une refuse systématiquement d’entendre l’autre, la médiatisation devient l’ultime recours démocratique. Ce n’est pas un échec du dialogue, c’est son absence qui nous y a contraints. »
« Défendre les Agents n’est pas un Crime – Réponse aux Allégations du DG »
« Suite aux déclarations du Directeur Général de la DGI parues dans [TRIBUNE IVOIRE], nous tenons à rétablir certaines vérités :
1. Sur notre légitimité : Nous n’agissons pas « par procuration » mais dans le cadre strict de notre mandat syndical, garanti par la Constitution. Défendre les conditions de travail des agents est notre raison d’être, pas un acte illégal.
2. Sur les faits : Le DG évoque la « mauvaise foi » mais ne conteste aucun des faits que nous soulevons :
• Les 73 postes sont-ils pourvus ou non ?
• Les réformes organisationnelles répondent-elles aux besoins du terrain ?
• Les agents disposent-ils des moyens nécessaires pour accomplir leurs missions ? Nous attendons toujours des réponses concrètes, pas des accusations.
3. Sur le dialogue : Nous regrettons que le DG découvre l’importance du dialogue après l’avoir esquivé pendant des mois. Nos portes restent ouvertes, mais le dialogue ne peut être un monologue où seule l’administration parle.
4. Notre proposition : Puisque le DG invoque la « légalité », nous proposons une médiation tripartite (syndicat-direction-inspection générale) pour examiner sereinement nos revendications. Nous voulons des solutions, pas des polémiques. Les agents attendent des actes, pas des procès d’intention. » Arguments Complémentaires La Technique du « Chercher la Petite Bête » quand on n’a plus d’arguments sur le fond, on attaque la forme. C’est une stratégie classique d’évitement :
• Plutôt que de répondre sur les 73 postes → on attaque la méthode
• Plutôt que d’expliquer les réformes → on conteste la légitimité
• Plutôt que de dialoguer → on accuse de ne pas dialoguer Retourner l’Argument Sur la légalité : « Si le DG est si préoccupé par la légalité, qu’il réponde à ces questions légales :
• Est-il légal de laisser 73 postes vacants alors que les agents restants croulent sous le travail ?
• Est-il légal de mettre en œuvre des réformes sans concertation avec les partenaires sociaux ?
• Est-il légal d’ignorer les demandes répétées de dialogue social ? La légalité s’applique à tous, pas seulement aux syndicats. »
Source : Codidgi
NB : Les titres et chapeau sont de la rédaction






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