Plus de 4 200 milliards FCFA ont été mobilisés sur le marché financier régional de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) en 2025, un niveau jamais atteint depuis la création de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM). L’annonce a été faite mardi à Abidjan par le directeur général de la BRVM, Dr Edoh Kossi Amenounvé, lors d’une conférence de presse consacrée au bilan annuel de l’institution.
« En 2025, notre marché a pu mobiliser plus de 4 200 milliards FCFA, ce qui constitue un record par rapport aux années précédentes », a souligné Dr Amenounvé, rappelant qu’en 1998, première année d’activité, le marché n’avait mobilisé que 58 milliards FCFA. En vingt-sept ans, la progression dépasse ainsi 4 147 milliards FCFA, illustrant la montée en puissance du marché financier régional.
Les emprunts obligataires largement dominants
Sur un montant total de 4 204,7 milliards FCFA mobilisés, les emprunts obligataires représentent 87,6 %, soit 3 684,9 milliards FCFA. L’épargne collective contribue à hauteur de 10 % (418,9 milliards FCFA), tandis que les opérations sur titres de capital ne représentent que 2,4 %.
Les États demeurent les principaux acteurs du marché, en particulier sur le segment de la dette, avec 3 507,8 milliards FCFA, soit 95,19 % des montants levés. Le secteur privé affiche une contribution plus modeste, évaluée à 117,1 milliards FCFA (3,18 %), tandis que les institutions régionales ont mobilisé environ 60 milliards FCFA, soit 1,63 %.
« Ces chiffres montrent clairement que les besoins de financement par la dette restent très importants dans notre sous-région et que les États continuent de solliciter fortement le marché pour y répondre », a commenté le directeur général de la BRVM.
Une année 2025 marquée par l’euphorie des marchés
À l’instar des grandes places boursières mondiales, la BRVM a évolué en 2025 dans un contexte d’euphorie des marchés financiers, a relevé Dr Amenounvé, soulignant que les bourses demeurent « solides et incontournables dans le financement des économies, en dépit de la montée des cryptomonnaies et d’autres formes d’investissements alternatifs ».
Au cours de l’année, le marché obligataire de la BRVM a enregistré l’admission de plus de 35 nouvelles lignes, dominées par les émetteurs souverains, qui représentent 77 % des admissions. Le Sénégal s’est particulièrement illustré avec 12 emprunts. Par ailleurs, trois emprunts thématiques ont été recensés, confirmant la BRVM comme la deuxième place de cotation en Afrique pour les social bonds.
Des indices boursiers à des niveaux records
À fin 2025, l’indice BRVM Composite a progressé de 25,26 %, atteignant un nouveau sommet historique de 345,75 points, contre 202,28 points en 2021. Une évolution qualifiée de « progression soutenue sur cinq ans », traduisant, selon la BRVM, « la maturité et l’attractivité croissantes du marché financier africain ».
L’indice BRVM 30 a enregistré une hausse de 19,82 % (166,24 points), tandis que l’indice Prestige a bondi de 25,61 %. Autant de performances qui témoignent, selon la direction de la BRVM, « de la bonne santé du marché en 2025 ».
Une capitalisation en hausse et une place confirmée en Afrique
La capitalisation totale de la BRVM s’est établie à 24 781,3 milliards FCFA, représentant 18,37 % du PIB de l’UEMOA. Ce niveau permet à la bourse régionale de conserver sa cinquième place en Afrique, derrière les bourses de Johannesburg, Casablanca, Nigeria et Égypte.
Dans la répartition par pays, la Côte d’Ivoire demeure en tête avec une capitalisation de 8 412 milliards FCFA et 34 sociétés cotées, suivie du Sénégal avec 2 882,08 milliards FCFA pour 3 sociétés. Sur le plan sectoriel, les services financiers dominent avec 16 sociétés et une capitalisation de 5 276,93 milliards FCFA (39,58 %), devant les télécommunications (4 927,81 milliards FCFA, soit 36,97 %) et le secteur de la consommation (1 900,75 milliards FCFA, soit 14,26 %).
Cap sur la transformation technologique à l’horizon 2030
Pour la période 2026-2030, la BRVM ambitionne une transformation technologique majeure, fondée sur l’intégration de l’intelligence artificielle, de la blockchain et du big data dans l’ensemble de ses métiers. L’institution prévoit également l’introduction de nouveaux produits financiers, l’optimisation des rendements et l’élargissement de la couverture du marché.
À la clôture de l’exercice 2025, la BRVM comptait 47 sociétés cotées, avec une moyenne quotidienne de 1 082 573 titres échangés et un volume moyen de transactions de 1,4 milliard FCFA par jour, confirmant son rôle central dans le financement des économies de l’UEMOA.






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