Drames miniers en Afrique de l’Ouest : l’alerte ivoirienne face aux dérives de l’orpaillage étranger

Par Fleur Kouadio

Les drames miniers survenus récemment en Guinée et au Mali rappellent une réalité préoccupante pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest, y compris la Côte d’Ivoire : l’exploitation aurifère illégale demeure l’un des secteurs les plus meurtriers et les plus destructeurs de la sous-région. Derrière ces tragédies, la responsabilité d’acteurs étrangers, notamment chinois[1], est de plus en plus pointée du doigt.

À Siguiri, dans le nord-est de la Guinée, quatre ressortissants chinois comparaissent depuis janvier 2026 pour exploitation illégale de l’or, pollution environnementale et séjour irrégulier. Les autorités judiciaires leur reprochent des activités menées sans autorisation dans la zone de Fadakolon, avec des conséquences lourdes sur les sols et les ressources hydriques. Les aveux des prévenus ont confirmé l’ampleur des infractions.

Au Mali, l’éboulement d’une ancienne mine à Kéniéty[2] a provoqué la mort de six femmes. Le site, laissé à l’abandon après exploitation par des ressortissants chinois, n’avait fait l’objet d’aucune sécurisation. Ce drame illustre l’absence de responsabilité post-exploitation, un problème récurrent dans plusieurs pays de la région.

Violation du droit minier par les sociétés chinoises

Le Ghana, confronté depuis des années au phénomène du « galamsey », en subit également les conséquences. L’implication de sociétés chinoises dans des accidents meurtriers, comme l’explosion de 2019 ayant coûté la vie à 16 mineurs, a mis en évidence des violations répétées des règles de sécurité et du droit minier.

Pour la Côte d’Ivoire, ces événements ne sont pas de simples faits divers régionaux. Le pays partage des frontières, des bassins fluviaux et des dynamiques économiques similaires. Toute défaillance ailleurs peut avoir des répercussions directes sur son territoire. C’est pourquoi Abidjan a renforcé ces dernières années la lutte contre l’orpaillage clandestin et insisté sur la réhabilitation des sites.

Mais ces efforts nationaux ne suffiront pas sans une réponse coordonnée à l’échelle régionale. Les drames de Siguiri et de Kéniéty rappellent que l’enjeu dépasse la seule question minière : il s’agit de protéger les populations, l’environnement et la souveraineté des États face à des pratiques prédatrices.

F. Kouadio

Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info


[1]https://conakryinfos.com/2026/01/14/siguiri-quatre-chinois-juges-pour-exploitation-aurifere-illegale-et-atteintes-a-lenvironnement/:

[2]https://web.facebook.com/Wassolo24.ML/posts/commune-de-dialafara-six-morts-dans-leffondrement-dun-site-minierun-nouveau-dram/1465689618899201/?_rdc=1&_rdr

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