L’ancien président de la transition du Burkina Faso, Paul-Henri Sandaogo Damiba, a été arrêté la semaine dernière au Togo, pays où il vivait en exil depuis sa chute en 2022, avant d’être expulsé, selon plusieurs sources sécuritaires régionales.
Renversé en septembre 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré après avoir lui-même pris le pouvoir par un coup d’État quelques mois plus tôt, l’ex-lieutenant-colonel est régulièrement accusé par les autorités burkinabè actuelles d’être impliqué dans des tentatives de déstabilisation du régime en place. Il aurait été jugé pour « tentative de déstabilisation » avant d’être conduit à l’aéroport, sa destination finale n’ayant pas été officiellement communiquée.
Ni les autorités togolaises ni celles du Burkina Faso n’ont confirmé publiquement l’opération. Certaines sources évoquent toutefois une possible expulsion vers le Burkina Faso, où la junte a récemment rétabli la peine de mort, notamment pour les crimes de haute trahison.
Depuis son accession au pouvoir, le capitaine Ibrahim Traoré affirme avoir déjoué plusieurs complots visant à renverser son régime. Début janvier, le ministre burkinabè de la Sécurité avait notamment fait état d’un projet de coup d’État impliquant des assassinats ciblés de responsables civils et militaires, accusant directement Paul-Henri Sandaogo Damiba d’en être l’instigateur. Ces accusations avaient été relayées à la télévision nationale à travers des aveux de présumés complices.
Le Togo, membre de la CEDEAO mais proche des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), entretient des relations diplomatiques pragmatiques avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Son rôle dans cette affaire illustre les équilibres délicats auxquels sont confrontés les États de la région, entre exigences sécuritaires et tensions politiques transfrontalières.
Le Burkina Faso demeure confronté à une situation sécuritaire particulièrement instable, marquée par des attaques djihadistes récurrentes malgré les changements de partenaires militaires et la rupture avec la France. Dans ce contexte, l’affaire Damiba intervient sur fond de fortes tensions politiques et de recomposition des alliances régionales.
Avec Lemonde.fr et AFP






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