Les Marocains garderont un souvenir profondément amer de la Coupe d’Afrique des nations 2025, qui s’est achevée sur leurs terres dans la controverse et le malaise. Pensée comme une CAN taillée sur mesure, une compétition que le pays hôte voulait s’approprier coûte que coûte, l’édition marocaine devait consacrer une ambition nationale portée par des infrastructures flambant neuves et une organisation présentée comme exemplaire.
Mais le football, lui, ne se plie pas toujours aux scénarios écrits à l’avance.
Tout au long du tournoi, l’arbitrage a suscité interrogations, soupçons et exaspération. Des décisions contestables, souvent favorables au Maroc, ont nourri un sentiment d’injustice croissant chez les adversaires comme chez de nombreux observateurs. Cette impression de « coups de pouce » répétés a fini par installer un climat délétère, éloignant la compétition de l’esprit sportif qu’elle prétendait célébrer.
En finale, les Lions de la Teranga ont opposé à cette pression une intelligence tactique et une maturité mentale remarquables. Sadio Mané et ses coéquipiers n’ont pas répondu à la tension par la nervosité, mais par la maîtrise. Là où le Maroc a compté sur l’environnement, le soutien du public et, parfois, sur des décisions arbitrales jugées complaisantes, le Sénégal a choisi la patience, la ruse et la discipline. Le but sénégalais refusé à la 92ᵉ minute, dans des circonstances vivement contestées, est venu cristalliser ce malaise et renforcer le sentiment d’un arbitrage à géométrie variable.
Cette stratégie sénégalaise a fini par faire craquer Brahim Díaz et ses partenaires, jusque-là habitués à jouer avec les limites, entre simulations, protestations et attentes implicites envers le corps arbitral. Dans les moments décisifs, lorsque l’arbitre ne pouvait plus masquer les évidences, le Maroc s’est retrouvé confronté à ses propres fragilités.
En décidant de faire sortir temporairement ses joueurs de la pelouse après un nouvel épisode jugé litigieux impliquant l’attaquant marocain issu du Real Madrid, le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw a mis à nu, aux yeux du monde, les faveurs perçues comme accordées aux Lions de l’Atlas tout au long de la compétition. Puis, en faisant intervenir des figures emblématiques comme El Hadj Diouf et Claude Le Roy pour ramener le calme et convaincre ses joueurs de reprendre le jeu, Sadio Mané a porté un coup psychologique décisif à l’équipe marocaine.
La suite fut à l’image de cette finale lunaire : un penalty mal exécuté par Brahim Díaz, tenté sous la forme d’une panenka totalement manquée, symbole d’un mental fissuré et d’une confiance évaporée.
Le verdict est cruel mais révélateur. Cette CAN, au lieu d’élever le football africain, l’a exposé dans ce qu’il a de plus problématique. Elle a ravivé les vieux démons de l’arbitrage contesté, de la suspicion permanente et de la perte de crédibilité internationale.
Le Sénégal sort vainqueur, certes. Mais le grand perdant symbolique de cette édition demeure le football africain lui-même. Une CAN devait être une vitrine ; elle s’est transformée en miroir peu flatteur. Et cette image, hélas, restera longtemps gravée dans les mémoires.
How on earth is it possible that Senegal players don’t celebrate at all when Mendy save the penalty on Brahim Diaz?!
I say again: in my opinion it was missed on purpose#AFCON2025 pic.twitter.com/xlx35baPgg
— Tancredi Palmeri (@tancredipalmeri) January 18, 2026






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