Le regard de Donald Trump sollicité
Le président américain Donald Trump, qui critique régulièrement les Européens pour leurs nombreuses restrictions à la liberté d’expression, gagnerait peut-être à jeter un regard du côté de la Côte d’Ivoire. Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, où le président en exercice a rempilé depuis quelques semaines pour un quatrième mandat, la liberté de parole semble plus que jamais sous pression.
Sur les réseaux sociaux notamment, les internautes se disent étouffés par un ministère public qui a pris la fâcheuse habitude d’engager des poursuites pour de simples délits d’opinion. Paroles prononcées, publications en ligne, commentaires critiques : tout peut désormais valoir inculpation, voire incarcération, même lorsque les propos ne présentent aucun danger manifeste pour l’ordre public.
Combien d’influenceurs, d’activistes ou de personnalités publiques croupissent aujourd’hui en prison pour avoir simplement exprimé une opinion, posé une question ou formulé une critique ? La liste s’allonge, alimentant un climat de peur et d’autocensure dans l’espace public ivoirien.
Le dernier cas en date est celui de Jean-François Kouassi, jeune homme politique qui ne fait certes pas l’unanimité, mais qui se retrouve derrière les barreaux depuis plusieurs jours. Son tort présumé : avoir interpellé, dans une publication en ligne, la ministre de la Fonction publique afin qu’elle apporte des explications sur un supposé concours fictif organisé à la Douane. Une question politique, certes dérangeante, mais relevant du débat public et de la redevabilité des gouvernants.
À défaut d’y répondre par des clarifications ou par la voie institutionnelle, la réaction judiciaire apparaît, pour beaucoup, disproportionnée et révélatrice d’un malaise plus profond : la difficulté persistante de l’État ivoirien à accepter la critique et la contradiction.
Alors, à défaut de leçon venue d’ailleurs, peut-être faut-il rappeler que la liberté d’expression n’est ni un privilège ni une faveur accordée par le pouvoir, mais un droit fondamental.
Donald Trump, please, venez donc jeter un œil à Abidjan.
Malick Ouattara
Quand l’intelligence s’exprime sur le cas JEAN FRANÇOIS KOUASSI pic.twitter.com/dMOJ7Omty6
— LE GÉMEAUX REEL ⚔️⚔️⚔️ (@GemeauxReel) January 12, 2026






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