Augustin Thiam, député sans siège: l’houphouëtisme trahit à Yamoussokro

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Se porter candidat à un poste de député en sachant pertinemment que l’on n’ira jamais siéger n’est pas un simple calcul politique.

C’est une tromperie morale. Une fraude faite aux électeurs, à la République et aux institutions.

Quand cela émane d’un chef de canton et gouverneur d’un district autonome, la faute est plus lourde encore. Car ces fonctions exigent exemplarité, responsabilité et respect du suffrage populaire.

Le mandat de député n’est pas un trophée, ni un outil de positionnement personnel. C’est un engagement clair : représenter, légiférer, contrôler, servir.

Empêcher Yamousso de concourir librement, puis manœuvrer pour livrer le siège à une autre personne, relève d’une pratique anti-houphouëtiste, en rupture totale avec l’héritage de Félix Houphouët-Boigny, fondé sur le respect du peuple, de la parole donnée et de la compétition loyale.

Se présenter sans intention de siéger, c’est vider le vote de son sens. C’est utiliser la démocratie comme décor, et les citoyens comme figurants.

La déception est d’autant plus grande que l’estime était réelle. Mais en politique, l’affection ne peut jamais excuser la faute.

La République n’a pas besoin de candidats de façade. Elle a besoin d’élus présents, responsables et fidèles à la confiance populaire.

Le reste n’est que mise en scène.
Jacques Roger

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