La Côte d’Ivoire et le Burkina Faso viennent de franchir une nouvelle étape dans le développement du corridor routier stratégique Abidjan–Ouagadougou, axe vital pour les échanges entre le littoral ivoirien et l’hinterland sahélien. Ces avancées traduisent à la fois une accélération des investissements infrastructurels et une reprise du dialogue politique entre les deux pays.
Côté ivoirien, un financement de 200 millions d’euros, approuvé par la Banque islamique de développement, a été accordé pour la modernisation du tronçon Tafiré–Ferkessédougou de l’autoroute A3. Cette section joue un rôle central dans le transport des produits agricoles, des matériaux de construction et des biens de consommation entre le port d’Abidjan et les pays enclavés du Sahel.
Au Burkina Faso, les autorités ont lancé le 16 décembre les travaux de l’autoroute Ouagadougou–Bobo-Dioulasso, longue de 332 km, réalisée sur fonds propres et en 2×4 voies. Une enveloppe minimale de 200 milliards FCFA a été inscrite au budget national de 2026, traduisant la volonté du gouvernement de rattraper les retards accumulés sur ce chantier structurant.
Ces projets s’inscrivent dans le cadre du Traité d’amitié et de coopération ivoiro-burkinabè signé en 2008, qui prévoit la construction de plus de 1 300 km de routes entre les deux pays. Alors que la Côte d’Ivoire a largement avancé sur ses engagements, le lancement effectif des travaux au Burkina Faso marque un tournant attendu.
Enfin, cette relance intervient dans un contexte de détente diplomatique progressive, après les tensions liées au retrait du Burkina Faso de la CEDEAO. Le maintien des dispositions commerciales régionales et la reprise des échanges politiques redonnent au corridor Abidjan–Ouagadougou toute sa dimension de levier stratégique pour l’intégration économique ouest-africaine, au-delà des clivages politiques actuels.





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