Par Fleur Kouadio
Le Zouglou et le Coupé-Décalé ont profondément marqué la scène culturelle ivoirienne. Nés dans des contextes différents, ils traduisent les évolutions de la société et participent aujourd’hui à la diffusion de l’image du pays en Afrique et au-delà.
Un genre né des réalités quotidiennes
Le Zouglou apparaît au début des années 1990 au sein des cités universitaires d’Abidjan. Inspiré du langage urbain et du vécu estudiantin, il s’impose rapidement comme une musique de narration sociale. Le genre aborde les difficultés économiques, la solidarité, l’humour et les tensions politiques de l’époque.
Au fil des années, le mouvement quitte les campus pour toucher un public national. Des groupes comme Magic System contribuent à son succès international, faisant du Zouglou l’un des styles les plus identifiables de la Côte d’Ivoire. Malgré son évolution, il reste associé à la critique sociale et à l’expression des réalités populaires. Une rupture portée par la diasporaAu début des années 2000, un nouveau courant voit le jour dans la diaspora ivoirienne installée à Paris: le Coupé-Décalé. Initié par Douk Saga et son entourage, le style privilégie l’énergie, la danse et l’affirmation de soi. Il valorise la réussite, la mise en scène et la performance.
Très vite adopté en Côte d’Ivoire, il devient un phénomène culturel qui marque toute une génération. Le mouvement prend une dimension continentale, notamment grâce à l’influence de DJ Arafat, dont la présence médiatique et l’activité sur les réseaux sociaux ont contribué à imposer le genre en Afrique de l’Ouest.
Au-delà du divertissement, la musique ivoirienne accompagne les évolutions sociales du pays. Elle met en lumière les préoccupations quotidiennes tout en offrant un espace d’expression à la jeunesse. En consolidant ses structures et en soutenant ses talents, la Côte d’Ivoire dispose d’un atout culturel solide pour renforcer sa place dans le paysage musical africain.
F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info






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