PPA-CI: L’ONU et la communauté internationale nous ont-elles bernés ?

Par Dapa Donacien, ex-coordonnateur régional PPA-CI (Gontougo), passé au camp Don Mello Ahoua

À mesure que l’échéance électorale du 25 octobre 2025 approche, une question brûle les lèvres des militants du PPA-CI : la communauté internationale, en particulier l’ONU, la CEDEAO et l’Union africaine, ne nous aurait-elle pas entretenus dans l’illusion pour mieux nous neutraliser ?

Des promesses floues, des illusions fatales

L’ONU a longtemps laissé entendre que le nom de Laurent Gbagbo serait réintégré sur la liste électorale. Ces signaux ambigus, relayés par des juristes et interprétés comme des assurances, ont conforté le président du PPA-CI dans sa décision de briguer l’investiture du parti. Mais, au moment décisif, l’ONU a clarifié sa position : aucune décision définitive avant… février 2026, bien après la présidentielle.

Résultat : le PPA-CI se retrouve forclos, privé à la fois de la candidature de Laurent Gbagbo et d’un plan de substitution crédible. Nous nous sommes faits avoir.

La Cour africaine et la CEDEAO : faux espoirs

Même scénario du côté de la Cour africaine des droits de l’homme, qui avait d’abord rendu une décision provisoire favorable à l’éligibilité de Gbagbo avant de se dédire. Les missions de la CEDEAO et de l’UA, multipliées à Abidjan, n’ont pas davantage apporté de solution claire. Toutes ces institutions ont, au final, laissé filer le temps jusqu’à rendre impossible toute alternative.

Le piège du refus du « plan B »

À l’intérieur du PPA-CI, des voix – notamment celle de Dr Ahoua Don Mello – avaient proposé la mise en réserve de candidatures de précaution. Ces options ont été rejetées au nom de la confiance dans les promesses de l’ONU. Aujourd’hui, l’histoire leur donne raison : une candidature alternative, adoubée par Laurent Gbagbo, aurait permis à la gauche ivoirienne de rester compétitive malgré l’exclusion de son leader historique.

Vers une recomposition nécessaire

La situation actuelle exige un sursaut. Rien n’empêche encore le PPA-CI de se réinventer, en mobilisant ses textes et en ouvrant la voie à une candidature interne capable de rassembler. Dr Ahoua Don Mello, qui bénéficie d’un fort parrainage populaire et reste fidèle à l’ADN politique de Laurent Gbagbo, incarne aujourd’hui une bouée de sauvetage crédible.

Une leçon pour la gauche ivoirienne

La grande leçon est claire : attendre que les institutions internationales « sauvent » la démocratie ivoirienne est une erreur stratégique. Le système onusien et ses relais (UA, CEDEAO, CPI) ont toujours œuvré pour maintenir le RHDP en position dominante. C’est donc aux forces ivoiriennes, et particulièrement au PPA-CI, de construire elles-mêmes leur alternative.

Pour une sortie de crise apaisée

Face aux menaces terroristes au Nord-Est et à la volatilité politique, tout blocage ou toute division interne pourrait plonger la Côte d’Ivoire dans une nouvelle spirale de tensions. Une candidature consensuelle issue du PPA-CI, voire un gouvernement de transition rassemblant les candidats qualifiés, pourrait constituer une voie vers des élections véritablement inclusives.

Conclusion
En entretenant des illusions, l’ONU et ses alliés ont piégé le PPA-CI, jusqu’à lui ôter toute marge de manœuvre. Mais il n’est pas trop tard. Laurent Gbagbo peut encore faire triompher son héritage politique en adoubant une alternative issue de son parti. C’est à cette condition que la gauche ivoirienne pourra espérer battre le RHDP et sauver la démocratie, sans sacrifier une fois de plus la vie des Ivoiriens sur l’autel des calculs géopolitiques.

Commentaires Facebook

Laisser un commentaire