Délits de faux et d’usage de faux au ministère de la Construction en Côte d’Ivoire: «Nous sommes tous coupables !»

En France le délit de faux ou d’usage de faux est puni de 3 ans de prison et de 45 000 € d’amende. Si le faux document est un document délivré habituellement par une administration (carte d’identité, passeport, carte Vitale, ACD, attestation…), les peines sont de 5 ans de prison et de 75 000 € d’amende.

Par Aubin Félix AMANI

Dans le scandale actuel d’expropriation foncière en Côte d’Ivoire, il convient de regarder le fond comme la forme de la situation. De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’un système bien huilé avec la bénédiction des autorités de l’Etat, de dépossession des terrains, que d’honnêtes citoyens ont acquis à la sueur de leurs fronts et de leur sang. Il paraît qu’on appelle ça faire les affaires. Cette situation prospère, à tel enseigne que n’importe quel charlatan de n’importe quel acabit est devenu businessman (homme d’affaires).

Ce problème n’est pas nouveau.Il estdevenu désormais une gangrène et il constitue une véritable bombe à retardement social qui part d’un fait : beaucoup de personnalités étatiques sont les premiers arnaqueurs de nos parents. Car ils utilisent le nom de l’Etat, ou du moins, se servent de l’Etat comme alibi pour détruire les biens de nos parents. A l’époque, un pouilleux ministre qui voulait la forêt de certaines personnes, leur avait dit que l’Etat en avait besoin pour un projet d’ordre public. Quand ils lui ont demandé le nom du projet et pourquoi, il n’est plus jamais repassé par là-bas. Aujourd’hui, au nom de l’Etat, des forêts, des villages, des quartiers entiers sont totalement rasés sans ouavec très peu de dédommagements.Cela confirme ce que je dis depuis bien longtemps, que la nation est gouvernée par un véritable cartel qui tire sa richesse de la souffrance et de la sueur des Ivoiriens au-delà de l’embellissement observé çà et là. L’histoire me donne raison encore une fois.

Ainsi, les expropriations à outrance actuelles, sont la conséquence de ce que l’Etat (ou du moins ses tenants) a créé, du moment où il n’y a pas de distinction entre les projets étatiques et ceux des intérêts privés puissants et redoutables, communément appelés les réseaux mafieux qui forment tout un système. Le système est caractérisé par une relation incestueuse entre le pouvoir de l’argent, le pouvoir politique, le pouvoir sécuritaire et le pouvoir militaire. Une relation complexe, un magma qui est constitué de plusieurs pôles qui est dans une logique à la fois clanique et mafieuse dont la vocation est d’abord de manipuler les masses à l’intérieur, de manipuler l’extérieur et de veiller à préserver le financement du régime dans leur logique à eux.

Cela est possible à cause de l’échec de l’élite ivoirienne qui, non seulement est complice voire partisanede ses réseaux d’expropriation des terrains. La valeur morale, culturelle et cultuelle de la terre qui a vu la naissance et l’inhumation de nos ancêtres est perdue, par la cupidité de descendants indignes qui se vendent au plus offrant quitte à renier leurs racines pour un peu de blé. Quoi qu’on dise, ce qui se passe est une façon de nous déshonorer et de souiller la mémoire de nos ancêtres, qui se sont battus au prix de leur vie et de leur sang pour que nous prenions soin de cette terre et la fassions fructifier.

Nous sommes déshonorés parce que nous donnons l’occasion aux arrivistes de manquer de respect à nous et à notre mémoire historique et collective.Si une seule personne, avec deux cartes d’identité de deux pays différents, arrive à extorquer les terrains d’honnêtes citoyens, c’est parce qu’il y a faillite quelque part : elle est collective. Ce genre de situation perdurera tant que les Ivoiriens n’auront pas compris l’importance et la nécessité de la rigueur et du sérieux dans tous leurs faits et gestes. La trop grande sympathie et le trop grand hospitalisme sont devenus le passoir de la légèreté et de l’insouciance risiblement cupides. Il faut désormais se retrousser les manches et se lever comme un homme pour mettre fin à ce tintamarre honteux quel qu’en soit le coût et les coups y compris notre intégrité physique. On nous tuera certes, mais on ne nous déshonorera pas !

Aubin Félix AMANI

Citoyen Ivoirien

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