Le DG de la Société des mines d’Ity éclaire sur l’accident, défis et mesures d’urgence pour protéger l’environnement et les communautés

Man, 05 juil 2024 -Le 23 juin 2024, un incident s’est produit sur le site de la Société des Mines d’Ity (SMI). Une vanne utilisée pour purger les lignes de décantation et de boue du TSF (Tailing Storage Facility) s’est fissurée, entraînant le déversement de moins de trois mètres cube de boue mélangée avec de l’eau de décantation dans le canal de déviation des eaux usées en direction du Cavally. Ce déversement accidentel a soulevé des inquiétudes quant à l’impact environnemental et à la gestion de crise par la SMI.

Dans une interview accordée à l’AIP, jeudi 04 juillet 2024, après une visite avec les responsables de la mine sur le site de l’incident et les environs, le directeur général de la Société des mines d’Ity, Soro Drissa, éclaire sur les circonstances de l’incident, les actions immédiates engagées pour maîtriser la situation et les mesures prises pour protéger l’environnement et les communautés locales.

Pouvez-vous nous expliquer ce qui s’est passé lors de l’incident d’écoulement de cyanure à Ity ?

Une de nos vannes sur la canalisation qui quitte l’usine vers le TSF qui s’est avérée défectueuse, et, cette vanne défectueuse a entrainé l’écoulement d’une portion de boue avec de l’eau vers le canal de dérivation que nous avons construit dans le cadre de la gestion des eaux de surface.

Et donc la solution de décantation mélangée à la boue est arrivée au niveau du canal de déviation et ce canal de déviation s’étend sur cinq kilomètres en direction du Cavally.

Automatiquement lorsque l’incident de l’état défectueux de la vanne a été constaté, les collaborateurs ont opéré l’arrêt d’urgence de l’usine et cet arrêt d’urgence a stoppé tout influent quittant l’usine vers le parc à résidu, occasionnant du coup l’arrêt de l’écoulement de la boue dans le canal qui draine les eaux de ruissèlement.

Quelles ont été les causes identifiées à cet écoulement ?

L’écoulement est dû à la défection de la vanne se trouvant sur la tuyauterie qui prend les influents depuis l’usine vers le parc à résidu. C’est donc une défection de vanne pour dire simple. Et une quantité estimée à trois mètres cube d’eau de décantation et de boue a été drainée à l’issue de cet incident vers le canal de déviation. Actuellement, nous sommes en train de mener des investigations pour comprendre ce qui a occasionné cette fissure au niveau de la vanne qui a laissé échapper le liquide.

Quelle a été la réaction immédiate une fois l’incident découvert ?

Nous avons procédé à l’arrêt de la source de pollution, donc, à l’arrêt de l’écoulement des influents dans la tuyauterie. Un arrêt d’urgence de l’usine a été effectué, ce qui a stoppé net tout écoulement de boue et de solution de décantation. Ensuite, nous avons procédé à un raclage et à un ramassage de tout ce qui était boue et eau de ruissellement dans la zone pour pouvoir s’assurer que la zone a été nettoyée selon les standards et normes en la matière. Également, nous avons informé sans tarder le CIAPOL.

Nous avons pris systématiquement des échantillons sur le canal de déviation et à l’intercession du canal avec le Cavally juste pour nous assurer de l’état d’avancement de cette solution qui s’écoulait dans le canal de déviation. Il faut savoir que dans le canal de déviation on avait de l’eau fluviale. Et donc, cette solution de décantation lorsqu’elle est entrée en contact avec le canal de déviation, il y a eu un effet de dilution et nous étions convaincus qu’avant que cette solution n’arrive sur les cinq kilomètres au Cavally, il y aurait eu un effet d’atténuation de la contamination liée à cette boue.

Des évaluations indépendantes ont-elles été réalisées pour déterminer l’étendue de la pollution ?

Nous avons reçu le CIAPOL qui a fait des échantillonnages et nous sommes en attente des résultats définitifs. Ensuite nous avons également fait à notre niveau des échantillonnages que nous avons envoyés à l’extérieur dans un laboratoire indépendant agréé au plan national pour également des analyses. Ces échantillonnages nous le faisons de façon quotidienne. Donc, chaque jour depuis le jour de l’incident, nous prenons des échantillons sur le canal de déviation et même sur le Cavally que nous envoyons au laboratoire extérieur

Quelle est votre réaction aux propos du CIAPOL qui a annoncé au cours du journal de 20h sur la RTI1 (mercredi) qu’il y a effectivement contamination du Cavally ?

Nous, nous attendons les résultats, le rapport final du CIAPOL pour pouvoir nous prononcer.

Quelles sont les mesures correctives mises en œuvre par la mine pour remédier à la situation ?

Lorsque l’incident a été circonscrit, nous avons automatiquement installé des caméras supplémentaires autour de la zone de la tuyauterie et du parc à résidu pour augmenter la surveillance afin de pouvoir détecter plus tôt ce genre de situation. La deuxième chose, nous avons procédé au nettoyage du site et nous avons prévu d’augmenter les hauteurs du canal de drainage des eaux de ruissellement pour lui donner une plus grande contenance. Nous avons aussi entrepris construire un bassin de réception pour avoir un point de collecte de ces eaux de ruissellement avant de pouvoir les rejeter dans la nature.

(AIP)

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