Macky Sall (en fin de mandat) et l’apprentissage (tardif) de la dictature

Quand on analyse les multiples sorties (toutes ratées) du président-sortant du Sénégal, Macky Sall, ces derniers mois, on se dit qu’il ne faut jamais jurer de rien et que tout peut changer ou basculer à la dernière minute. Que n’a-t-on pas entendu dire de Macky Sall ? « C’est un homme honnête » (Joe Biden). Un des dirigeants les plus modernes du continent africain (Angela Merkel). Emmanuel Macron, une fois que Macky Sall, avait renoncé au troisième et suicidaire mandat à la tête du Sénégal, l’avait, rapidement, bombardé envoyé spécial et président du comité de suivi du « Pacte de Paris pour la planète et les peuples » (4P). Macky Sall était, déjà, aux petits soins de ses amis occidentaux, qui se sont arrangés pour qu’il ne chôme pas un seul jour et qu’il ait du travail avant même de quitter le pouvoir.

Mais, voilà que patratas, Macky Sall a déçu tout le monde, y compris, dans son propre gouvernement où on a compté des démissions spectaculaires. Dans les pays occidentaux, on n’est pas passé par mille chemins pour le dénoncer à commencer par Joe Biden qui, très vite, a demandé le retour à l’ordre constitutionnel. En Afrique, beaucoup se sont demandé si, décidément, le continent n’était pas maudit car le comportement de Macky Sall relève de la psyhiâtrie. Lui qui avait, annoncé quelques mois, auparavant, sans jamais être contraint ou forcé, son départ volontaire du pouvoir, annulait l’élection présidentielle du 25 février pour la repousser au 15 décembre, date arrêtée pour le premier tour. Autant dire que comme l’élection présidentielle au Sénégal aura, forcément, un deuxième tour, on devait envisager le transfert du pouvoir en février ou mars 2025, ce qui faisait gagner une année pleine et entière à Macky Sall. Et connaissant l’homme, il allait créer un autre incident avant ce transfert pour le repousser de plusieurs mois encore. Au final, il ne comptait pas (plus) quitter la présidence de la République.

Question : a-t-on encore affaire avec le même Macky Sall possédant la même disposition d’esprit que le Macky Sall qui annonça à la télévision d’Etat un 3 juillet 2023, soir, qu’il renonçait au 3e mandat ? Visiblement Non ! Macky Sall a changé en mal et s’est souvenu qu’il pouvait faire comme ses voisins, notamment, l’Ivoirien, Alassane Ouattara, qui avait réussi à briguer un troisième mandat bien controversé et qui a d’ores et déjà annoncé une quatrième candidature en octobre 2025. Puis, il y aura un cinquième mandat et ainsi de suite jusqu’à ce que le bon Dieu décide de l’appeler à lui. Pourquoi Ouattara et pas lui Macky Sall, a dit se dire le président-sortant du Sénégal, avant de prendre ce virage à 180 dégrés ? Un virage qui risque de lui être fatal.

Le numéro 530 de mars 2024 d’Afrique Education est d’ores et déjà en vente sur la boutique du magazine (www.afriqueeducation.com) et sera chez les marchands de journaux mercredi, 6 mars 2024, et dès samedi, 2 mars, chez les abonnés.

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