Renouvellement des Gbakas d’Abidjan: Des conflits entre “syndicalistes” et clients “indisciplinés”

L’enquête du jeudi

Le gouvernement ivoirien a décidé de moderniser et de professionnaliser le transport urbain en Côte d’Ivoire, notamment à Abidjan. Cela passe d’abord par le renouvellement du parc auto qui est vieillissant. Ainsi, un programme a été élaboré dans ce sens, dont la phase pilote, qui a constitué à la mise en circulation de minibus « made in Côte d’Ivoire », vient de prendre fin, précisément, à travers la remise de 15 nouveaux minibus de marque Daily Ivoire, le jeudi 16 novembre 2023 aux transporteurs. Les résultats de cette phase pilote sont encourageants, malgré quelques difficultés rencontrées sur le terrain.

Le programme de renouvellement du parc auto du transport urbain d’Abidjan est essentiellement porté sur le remplacement progressif des actuels Gbakas en circulation, par des minibus neufs. Le faisant, il vise aussi à corriger ou faire abandonner aux conducteurs et usagers, toutes les mauvaises pratiques qui sont déplorées dans l’utilisation quotidienne des Gbakas.

Pour ainsi éviter le désordre généralement constaté, aux différents points d’embarquement des Gbakas, des arrêts ont été aménagés par ligne, à ces nouveaux minibus. Ainsi, pour la ligne 1, il s’agit de la mairie d’Abobo en passant par la route du zoo jusqu’Adjamé Liberté. Pour la ligne 2, les véhicules partent d’Adjamé Texaco pour le palais de Justice de Yopougon en passant par la gare nord, l’autoroute du nord et SIPOREX. « Mais les clients se plaignent souvent. Ils veulent descendre là où ils le désirent. Alors que les arrêts sont bien définis », regrette Anzoumana. Il essaie de les comprendre. Mais, dit-il, « ces arrêts vont finir par s’imposer aux clients comme c’est le cas pour les bus de la SOTRA ».

L’autre difficulté, ce sont les rapports conflictuels avec les syndicalistes. Même si aucune des deux parties, conducteurs des nouveaux minibus et syndicalistes, n’ose l’évoquer ouvertement le problème existe, selon un chauffeur. Et pour cause, les conducteurs des nouveaux véhicules ne sont pas soumis au paiement des taxes de ces syndicats. Pour rappel, il faut indiquer que, les syndicats s’étaient opposés à l’arrivée de ces minibus à Abobo le 1er mai 2023, jour de leur mise en circulation dans cette commune. « Si les conducteurs parviennent à tenir face à ces syndicats, ce sera la fin de leur dictat. C’est aussi l’un des objectifs même de ce projet qui va mettre définitivement fin aux manœuvres de ces syndicats », fait savoir un autre conducteur, qui souhaite voir la fin du désordre dans le transport urbain abidjanais, auquel les gbakas prennent une part active.

Projet porteur

Après cette phase pilote, va proprement débuter la phase dite « commerciale » du programme de renouvellement du parc automobile, au profit des transporteurs qui devront se constituer en entreprise pour en bénéficier. Des dispositions seront prises également pour corriger les disfonctionnements constatés lors de la phase pilote.

Selon la plupart des personnes interrogées, ce projet a de l’avenir. Pour Drissa Bamba, directeur de cabinet du président de la confédération des syndicats des conducteurs routiers d’Afrique de l’ouest (CSCRAO), ce projet est bon à la fois pour les transporteurs et les usagers. En plus les conditions de remboursement sont prenables. Mais il craint que des personnes qui ne sont pas véritablement des transporteurs en bénéficient mieux, que ceux qui sont dans le domaine. Il fait allusion à la corruption et à « la loi des plus riches ». Selon Anzoumana l’avenir de ce projet va dépendre du sérieux que les bénéficiaires vont y mettre. Cela passe par une bonne gestion de l’entreprise, un entretien optimal du véhicule et un comportement irréprochable sur les routes. Ce comportement peut encourager l’initiateur dudit projet, qu’est le gouvernement à poursuivre.

Il faut noter que les minibus sont entièrement montés dans les ateliers de la SOTRA industrie. Ce qui est une aubaine pour les transporteurs ivoiriens d’acquérir les véhicules à des prix concurrentiels. Et d’avoir un parc automobile assez fourni pour le bonheur des usagers.

Diomandé Karamoko
Lebanco.net

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