Le 1er gouvernement Gon en Côte-d’Ivoire: Un cocktail de fidèles de Bédié et Ouattara…qui rompt définitivement le pacte Rhdp

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Par Connectionivoirienne

Les Ivoiriens restent toujours sur leur faim

C’est le temps des passations de charges entre ministres sortants et entrants. Depuis la formation au pas de course du premier gouvernement Gon Coulibaly, le mercredi 11 janvier 2017, les commentaires, des plus favorables aux moins optimistes fusent.

Chacun y va de sa perception des choses. Cependant, l’observation la plus frappante est que cette équipe rompt définitivement avec le Mfa et l’Udpci, deux formations politiques qui cosignèrent en octobre 2005, l’acte constitutif de l’alliance Rhdp. Après leur sortie sanction du gouvernement dans la phase préparatoire des législatives de décembre 2016, l’on avait cru que, passée la colère du chef et au regard de la moisson des deux partis à ces législatives, Alassane Ouattara reviendrait à de meilleurs sentiments en intégrant ses ex-alliés. Que non ! C’est désormais l’axe Pdci-Rdr qui est privilégié au moment où se profile à l’horizon la bataille électorale de 2020.
Alassane Ouattara envoie un signal clair. Pour peu que tiennent ses arrangements avec Konan Bédié du Pdci, il peut fermer les yeux sur les récriminations et les coups de gueule de Mabri et Gnamien qui ne sont toujours pas sortis de leur émotion après tant d’habitudes acquises. Ils ne se sont pas encore déterminés et leur posture actuelle reste illisible. On ne perçoit pas encore s’ils sont de l’opposition ou du pouvoir. L’autre fois à l’Assemblée nationale, peu avant le début de la session parlementaire, le député Mabri faisait encore des yeux doux aux barons du Rdr dont Amadou Gon, Guillaume Soro, Amadou Soumahoro et autres. Tapes amicales, larges sourires et quelques plaisanteries comme pour leur dire qu’il est là et qu’il n’a aucun vilain sentiment. Gnamien, lui était resté à sa place, la mine renfrognée et sereine.

Le gouvernement Gon qui est sorti des ententes des deux hommes forts du moment a ceci de particulier qu’aucun intrus n’y a été enrôlé. Il est un dosage à minima des proches et fidèles des deux grands, Bédié et Ouattara. À commencer par le premier d’entre les ministres, Amadou Gon dont la loyauté à Ouattara ne fait l’objet d’aucun doute. Une vieille amitié qui date des débuts d’Alassane Ouattara dans l’appareil politique de la Côte d’Ivoire, début 90. Idem pour un certain Kobénan Kouassi Adjoumani. Le professeur certifié de lettres est un proche parmi les proches de Bédié. Celui-là même qui déclarait à une conférence de presse que s’il voit rouge et que Bédié dit que c’est blanc, alors il dira à son tour que c’est blanc. Il tient son poste bien plus à sa fidélité qu’à une quelconque compétence à la tête de son département, la production animale et les ressources halieutiques. Et comme pour dire qu’au Pdci, être fidèle à Bédié est un critère de choix, Jean Claude Kouassi, a été rappelé après avoir été ministre sous Bédié lui-même. Que dire de Goudou Koffi qui en plus d’être une proche de Bédié est une affidée du couple présidentiel. La logique est claire : « On ne te connaît pas, on ne te nomme pas », ainsi que le confiait Amadou Gon lui-même à un cadre Rhdp de l’Ouest lors d’un entretien privé.

Autre constance par rapport aux précédents gouvernements, la logique du rattrapage ethnique à forte dominance nordiste. C’est un simple constat et non une mise en doute des capacités des personnalités nommées. Sur une équipe de 33 ministres, la partie nord de la Côte d’Ivoire, l’aire sociologique à laquelle appartient le chef de l’Etat, s’en sort avec au moins 18 ministres. Le pays baoulé et assimilé y est représenté par 10 personnalités et le reste de la Côte d’Ivoire se partage quelque 5 portefeuilles. La géopolitique à la Houphouët est carrément foulée au pied selon ce premier constat.

C’est à ce niveau que des Ivoiriens expriment leur déception. Exaspéré par ce fait frappant, un internaute a pu écrire : « En Côte d’Ivoire, pour être nommé, il faut être un dioula ou un proche de Bédié ». Se voulant plus objectifs, d’autres commentateurs préfèrent attendre les ministres au pied du mur. Ils veulent les juger aux résultats, à leur capacité à conduire les chantiers dans leurs départements respectifs.
Et ces chantiers-là, Dieu seul sait s’ils sont innombrables. Les plus urgents qui attendent l’équipe Gon sont ceux de la grève des fonctionnaires et les remous dans l’armée.

SD à Abidjan

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