Le CFA rejeté majoritairement par les Africains, la Banque de France défend son franc colonial (gouverneurs)

villeroy

Quand le gouverneur de la Banque de France défend le Franc CFA

Le gouverneur de la Banque de France a défendu le Franc CFA avec force à Bercy où se tenait ce 30 septembre la réunion semestrielle des ministres des Finances de la zone Franc. François Villeroy de Galhau estime que la monnaie commune aux 14 ex-colonies françaises n’est pas sur-évaluée, y voyant d’ailleurs un infaillible mécanisme contra-cyclique contre la faiblesse des cours des matières. (Allez le dire donc à des pays pétroliers comme le Gabon, le Congo ou le Tchad qui encaissent en dollars et dépensent en euro-CFA!)

Pour le gouverneur, le mécanisme du Franc CFA évite que le taux de change ne s’apprécie trop et reste stable avec les hausses ou les baisses des cours de matières premières. Et de brandir l’exemple effrayant de ces pays africains, qui ont leurs propres monnaies nationales (quelle hérésie!) et qui connaissent des inflations domestiques à deux chiffres. « C’est évidemment une très mauvaise chose pour le pouvoir d’achat », a encore dit le gouverneur.

« Nous menons régulièrement des études économiques pour voir si le franc CFA est surévalué ou sous-évalué par rapport à son niveau économique de très long terme. Aujourd’hui notre réponse est très claire, le franc CFA n’est ni sous-évalué, ni surévalué », a encore déclaré le gouverneur de la Banque de France dans une sorte de réponse aux nombreuses critiques qui pleuvent sur cette monnaie depuis quelques mois.

En conférence de presse, le ministre français des Finances, Michel Sapin, a renvoyé la responsabilité de changer ou pas aux « africains ». « Cette monnaie est la monnaie des Africains, c’est à eux de décider de l’avenir de leur monnaie », a-t-il dit à juste titre. Qu’en pensent donc les africains ?

Présent à cette rencontre, Lucas Abaga Nchama, gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), botte en touche. « La crise actuelle n’est pas du tout monétaire, c’est une crise qui provient d’un choc exogène qui impacte nos économies », a-t-il déclaré en se focalisant sur la stabilité apportée par le franc CFA.

 « La Communauté économique et monétaire des Etats d’Afrique centrale exporte du pétrole, subit la crise mais les effets sont moins importants que dans d’autres pays où l’inflation a explosé. On voit les avantages », a-t-il souligné, rejoignant et faisant sien les propos du gouverneur de la Banque de France.

Même son de cloche de la part de Tièmoko Meyliet Koné, gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO): »Le problème ne se pose pas au niveau du franc CFA, ce n’est pas la préoccupation aujourd’hui » se fend-il ignorant le débat le plus permanent de nos jours dans les cercles économiques de l’Ouest comme du centre du continent. Et quand M. Meyliet parle de croissance, il oublie que le rôle de l’institution qu’il dirige, contrairement à la FED et à la BCE New look, se borne à la maîtrise de l’inflation. « Personne ne peut nous dire que d’autres pays qui ont les mêmes ‘challenges’ que nous sont mieux lotis », se gargarise-y-il évoquant les 7% de croissance des huit pays de l’UEMOA et oubliant qu’il s’agit d’une croissance qui ne crée ni emplois ni transformation structurelle.

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