Attaque d’Agban: Les assaillants tentaient de faire sortir les chars

Le cerveau présumé et 42 suspects arrêtés

Alain Bouabré source: L’inter

Du cran, la cohorte d’hommes armés qui a infiltré et attaqué le camp de gendarmerie d’Agban, dans l’après midi du dimanche 23 décembre, en avait ! Une tentative tout à fait démentielle de la prise du plus grand camp de la maréchaussée de la Côte d’Ivoire a tourné court pour la bande armée dont l’objectif semblait aller au-delà de la simple occupation des lieux.
Au cours de l’assaut, les assaillants ont essayé à maintes reprises de se servir de plusieurs chars immobilisés dans le camp, sans succès. Ils ne sont pas parvenus à mettre en marche ces engins quand ils ont été déroutés, bien que bénéficiant de l’appui d’une soixantaine de civils qui les accompagnait dans cette opération. Ces derniers se sont d’abord cachés dans le temple puis à l’infirmerie du camp. Tels sont les premiers éléments de l’enquête sur cette attaque hors du commun livrés, hier vendredi 28 décembre 2012, par le commissaire du gouvernement, le colonel Ange Kessy Kouamé, à son cabinet du 17e étage de la Tour A de la cité administrative du Plateau. Selon Ange Kessy, « les assaillants entendaient paralyser la ville d’Abidjan avec pour but de s’en prendre au pouvoir central, dans la mesure où en visant les chars de la gendarmerie à l’effet de s’en servir ce n’était pas pour aller attaquer une banque. Ils espéraient le ralliement des autres forces de l’Armée ».

Le procureur militaire a dit que le présumé cerveau de cette opération, à savoir le Mdl Kla Félix dit Mdl Camara, 5 militaires ainsi que 42 suspects ont été arrêtés. Parlant des attaques d’Abgoville, d’Agbaou, de l’escadron de la gendarmerie de Yopougon, des suspects ont été également arrêtés et les enquêtes se poursuivent apprend-on. La question fondamentale qui devrait guider les enquêteurs, conformément aux instructions, et à laquelle ils devront trouver une réponse est de savoir comment et pourquoi les assaillants passent aussi facilement les barrages et infiltrent les camps ou les bases militaires sans que cela attire l’attention des forces militaires.

Autre sujet abordé par le commissaire du gouvernement est celui relatif à la navette de la marine nationale qui, le 5 septembre 2012, a chaviré sur la lagune ébrié, faisant 6 morts sur les 15 occupants lors d’une mission de sécurisation sur le plan d’eau lagunaire dont faisait partie le général Detoh Letoh. L’enquête a révélé, a confié Ange Kessy, qu’il ne s’agit pas d’une panne de moteur, ni d’une surcharge de l’embarcation. « Un des militaires assis avec les autres à bord de la navette en question a constaté que le moteur prenait de l’eau et qu’il y avait danger. Pris de peur il a crié et alerté les ses frères d’arme. Paniqué ils se sont tous déportés vers l’avant gauche de l’embarcation qui ainsi déséquilibré a chaviré. En réalité, le moteur fonctionne de cette façon. C’est-à-dire qu’il prend effectivement de l’eau mais qu’il rejette aussitôt et propulse ainsi l’embarcation. Mais comme le militaire n’y avait jamais pris place, il a eu peur et le pire est arrivé », a expliqué le premier responsable du parquet militaire.

Par ailleurs, le commissaire du gouvernement a annoncé que le 8 janvier 2013, s’ouvre le procès des militaires qui ont été arrêtés pour racket. « Il faudrait que l’on comprenne que la lutte contre le racket est une réalité et nous voulons traduire la volonté du chef de l’Etat de mettre fin à ce fléau », a indiqué le colonel de la marine. Enfin, il a souligné le fait que l’enquête sur la mort du général Robert Guéï est sur le point d’être entièrement bouclée et que sur ce point, le ministre Lida Kouassi Moïse, chargé de la Défense au moment des faits sera entendu.

Alain BOUABRE

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