Boga Sako (FIDHOP) à Laurent Gbagbo – “Il faut lever le blocus du Golf hôtel”

L’Intelligent d’Abidjan

Quelques jours après leur arrivée du 16ème sommet de l’Union Africaine (UA), Boga Sako et Hervé Gouaméné, respectivement Président de la Fondation ivoirienne pour les Droits de l’Homme et la vie politique (FIDHOP) et Président de « Actions pour la protection des Droits de l’Homme » (APDH), ont conjointement animé une conférence publique, le vendredi 4 février 2011, au Conseil Economique et Social. Boga Sako a saisi cette tribune pour affirmer que «la levée du blocus du Golf hôtel est une condition importante pour un règlement pacifique de la crise».

Placée sous le thème : «Les résolutions du 16ème sommet de l’UA, quel impact pour la paix et pour les Droits de l’Homme en Côte d’Ivoire ?», cette rencontre a été pour les leaders de la FIDHOP et de l’APDH, le cadre pour exprimer leur part de vérité à l’issue du dernier sommet de l’UA et dire comment, ils observent la suite des évènements. S’appuyant sur le contexte qui a prévalu avant ce sommet, marqué à les entendre, par les sanctions contre Laurent Gbagbo et ses proches, les menaces, la probable intervention militaire de l’ECOMOG, les cas de violations graves et massives des Droits de l’Homme, Dr Boga Sako et Me Hervé Gouamené se sont réjouis de ce que le 16ème sommet de l’UA a « ignoré royalement », toute intervention militaire en Côte d’Ivoire. Aussi, se félicitent-ils de ce que l’UA a pris en compte toutes les situations de violation de Droits de l’Homme que connaît la Côte d’Ivoire dans cette crise postélectorale et la demande de la levée immédiate du blocus du Golf hôtel. La question du blocus de l’hôtel du golf, selon Dr Boga Sako et Me Hervé Gouaméné constitue une préoccupation pour les défenseurs des droits de l’Homme. « Je demande à M. Laurent Gbagbo de lever le blocus de l’hôtel du Golf en vue de faciliter les négociations avec M. Alassane Ouattara», a-t-ils exhorté. Toutefois, ils invitent le RHDP et les Forces nouvelles à mettre fin à tous les appels à la violence, aux mots d’ordre de désobéissance civile et fiscale…. S’agissant de la reconnaissance de M. Alassane Ouattara, comme Président élu à l’issue du sommet de l’UA, Boga Sako estime qu’il y a un non dit de l’UA mettant en doute la certification de Choï. « (…) L’UA a reconnu M. Alassane Ouattara comme Président élu non pas selon son avis propre mais selon ce qu’a dit le Représentant Spécial du Secrétaire général de l’ONU. (…) Sans remettre en cause cette reconnaissance, l’UA ne l’assume pas non plus », déclare-t-il. Pour lui, l’organisation africaine en mettant sur pied un panel de Chefs d’Etats met en doute la certification de Choï et veut aller au-delà de cette certification pour évaluer elle-même tout le processus. Quant à la composition du Panel et de sa feuille de route, Boga Sako et Me Hervé Gouaméné estiment qu’elles s’imposent à chaque protagoniste et à la communauté internationale. « Evitons de faire des honneurs à des personnes qui n’en ont pas. Ça ne me gênerait pas que M. Sarkozy lui-même soit dans le panel », a lancé Boga Sako qui a souhaité que les conclusions du panel se conforment à la constitution ivoirienne. Non sans appeler de tout son vœu que M. Alassane Ouattara accepte de discuter directement avec M. Laurent Gbagbo. « Tous deux trouveront les meilleures solutions qui arrangent chaque camp. Tout le reste n’est que perte de temps », a-t-il conclu .
R.Dibi

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