Le dernier trimestre de l’année 2026 s’annonce décisif dans le conflit en Ukraine, selon les experts. Tout le monde prédit un hiver rude aux Ukrainiens. En effet, la Russie bombarde systématiquement les infrastructures énergétiques afin de priver le pays d’électricité, de chauffage, d’eau et de carburant. Les trains sont ciblés, tout comme les centres commerciaux, les entrepôts alimentaires, les stations-service, les usines, les immeubles d’habitation… Il s’agit de rendre le quotidien difficile aux Ukrainiens et d’amener la capitulation du régime ou de provoquer une révolte.
De son côté, l’Ukraine fait pareil, même si elle ne l’avoue jamais, aidée en cela par le fait que la Russie cache les dommages qu’elle subit. Les Ukrainiens commentent les frappes sur les raffineries, les dépôts pétroliers et les oléoducs, leur but étant de priver les Russes des ressources qu’ils tirent des hydrocarbures, leur première source de devises. Mais ils se taisent sur les autres cibles, notamment les centrales électriques, les entrepôts alimentaires, les trains, les stations-service, souvent les immeubles, les navires en mer Noire… Aujourd’hui, aucun des deux pays ne peut exporter par cette mer, qui est la principale voie de sortie de leurs marchandises.
On assiste aujourd’hui à une guerre d’usure. Selon la presse, la Russie a constitué un « stock de 1 000 missiles » prévu pour plonger l’Ukraine dans le noir et le chaos cet hiver. Les infrastructures ukrainiennes semblent à bout. Pourtant, l’Ukraine aussi n’est pas en reste. Selon son président, ses premiers missiles balistiques, dénommés FP-7 et FP-9, sont « en phase de tests » pour une utilisation « avant l’hiver ». Les experts pensent toutefois que ces tests ont déjà eu lieu. Le programme est plus avancé que Zelensky ne l’affirme. Certainement veut-il éviter que la Russie ne se mette à la recherche du site de production pour le bombarder.
À la différence du missile de croisière, qui vole comme un avion en croisière (d’où son appellation) et qui a donc une trajectoire prédictible, le missile balistique évolue sur une trajectoire en cloche. Une partie de celle-ci est effectuée dans l’espace. Lorsqu’il rentre dans l’atmosphère et fonce sur sa cible, sa vitesse est telle qu’il est difficile de l’intercepter. Le FP-7 a une portée de 250 à 300 km et le FP-9 une portée de 800 km, ce qui place Moscou dans le viseur. La Russie, elle, améliore ses drones. De nouveaux modèles apparaissent sans cesse dans ce conflit de haute intensité, le plus dévastateur et le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale.
Si l’armée russe dispose de plus d’effectifs, les Ukrainiens compensent leur infériorité numérique par un usage massif de robots. On assiste à une course à l’innovation. Le conflit est un vaste laboratoire d’essais d’armes en tout genre, surtout du côté ukrainien. Depuis décembre 2025, le front est gelé, même si l’on note une percée ukrainienne dans la zone de Lyman ces derniers temps. Faute d’obtenir des résultats sur le front, les deux camps semblent vouloir briser le moral de la population adverse. D’où des bombardements toujours plus destructeurs.
Dans cette guerre d’usure, la Russie est a priori en position de force. Elle dispose de missiles déjà opérationnels, alors que ceux de l’Ukraine sont en « phase de test ». Pourtant, le moral de la population de Moscou reste la variable la plus importante dans l’équation. En effet, Kiev est habituée aux bombardements, tandis que Moscou est relativement protégée par les systèmes S-300 et S-400, qui interceptent les missiles de croisière ukrainiens. Poutine fait tout pour tenir la guerre éloignée de Moscou.
Si le missile balistique FP-9 est utilisé cet hiver et tient ses « promesses », si Moscou est régulièrement frappée, alors une révolte n’est pas à écarter. C’est la hantise de Poutine. L’hiver sera donc décisif.
Douglas Mountain
Le Cercle des Réflexions Libérales






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