Diaspora ivoirienne : comment le Groupe COFINA ambitionne de transformer les transferts de fonds en investissement productif

. Quand la diaspora ivoirienne devient un pilier de l’économie nationale : 938 milliards cfa transférés en 2025

Avec 938 milliards de FCFA transférés en 2025, les Ivoiriens de l’extérieur pèsent lourd dans l’économie nationale. Mais l’essentiel de ces flux finance encore le quotidien des familles. Institutions publiques et acteurs financiers tentent aujourd’hui de faire basculer ces transferts vers l’investissement productif. Le Groupe COFINA, présent à la fois à Abidjan et à Paris, s’est positionné sur ce virage, avec une attention particulière portée aux femmes entrepreneures.

Un flux massif, encore peu productif

Les chiffres présentés par le ministère chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur donnent la mesure du phénomène. En 2008, les transferts financiers des Ivoiriens de l’extérieur s’élevaient à 99,5 milliards de FCFA. Ils franchissent un cap historique à 640 milliards en 2023, soit plus d’un milliard de dollars, avant de s’établir à 938 milliards de FCFA en 2025, l’équivalent d’environ 1,6 milliard de dollars. Une progression de plus de 540 % en quinze ans, portée par une diaspora estimée à plus de 1,2 million de personnes réparties dans plus de 140 pays : près de 900 000 en Afrique de l’Ouest, plus de 240 000 dans les pays de l’OCDE, principalement en France, en Italie et aux États-Unis.

Mais derrière le volume se cache une réalité plus nuancée. Entre 60 et 70 % de ces ressources servent au soutien direct des familles, 15 à 20 % s’orientent vers l’immobilier. Seulement 10 à 15 % financent effectivement des activités productives. La diaspora ivoirienne est donc un amortisseur social avant d’être un investisseur. Pour Adama Dosso, ministre délégué auprès du ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, le défi consiste désormais à transformer « un flux de soutien en un levier structuré d’investissement ».

Une séquence nationale de mobilisation

Cette ambition s’est traduite en 2026 par une succession d’initiatives. Le 6 juin, un roadshow économique tenu à Milan sous l’autorité d’Adama Dosso a rassemblé près de 700 participants, l’une des plus importantes mobilisations de la diaspora ivoirienne en Europe. Il préparait le Forum « Diaspora for Growth 2026 », organisé à Paris les 26 et 27 juin, auquel le Groupe COFINA a pris part. Plus récemment, le 12 septembre 2026, la 4ᵉ édition du « Grand Retour de la Diaspora » a été lancée au Sofitel Hôtel Ivoire à Abidjan : prévue du 23 au 30 octobre, elle réunira une centaine d’entrepreneurs et de cadres ivoiriens vivant à l’étranger, avec le même objectif d’orienter les transferts vers des investissements productifs et durables, en cohérence avec le Plan national de développement 2026-2030.

Pourquoi le basculement ne se fait pas tout seul

L’obstacle n’est pas la volonté d’investir, il est structurel. Un entrepreneur de la diaspora qui veut monter ou reprendre une activité à Abidjan se heurte à une série de frictions bien identifiées : impossibilité d’ouvrir et de gérer un compte à distance, dossiers de crédit calibrés pour des résidents disposant d’un historique bancaire local, exigences de formalisation que peu de jeunes structures satisfont, et absence d’interlocuteur capable d’accompagner le projet des deux côtés de la chaîne.

Combler ce vide suppose un acteur capable d’opérer simultanément en France et en Côte d’Ivoire, avec un cadre réglementaire solide de chaque côté. C’est le positionnement du Groupe COFINA, première institution financière panafricaine dédiée à la mésofinance. Ce segment, le missing middle, le chaînon manquant entre la microfinance et la banque traditionnelle, est précisément celui où se concentre l’essentiel des TPE et PME africaines. Ces dernières sont trop grandes pour le microcrédit, trop informelles ou trop jeunes pour les circuits bancaires classiques. En facilitant leur accès au crédit et à l’épargne, le groupe s’est donné pour vision de devenir le modèle panafricain de la finance inclusive. Il est aujourd’hui présent dans huit pays du continent (Burkina Faso, Congo-Brazzaville, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée Conakry, Mali, Sénégal, Togo) ainsi qu’en France, à Paris, avec sa filiale COFINA Services France dédiée à la diaspora, et accompagne les femmes entrepreneures à travers sa filiale ivoirienne FIN’Elle. Une géographie qui recoupe largement celle des communautés ivoiriennes et ouest-africaines de l’étranger.

Une convention-cadre pour structurer l’accompagnement

C’est dans cette dynamique que le 16 juin 2026, COFINA Côte d’Ivoire et le ministère chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur ont signé une convention-cadre de collaboration dédiée à l’accompagnement des TPE et PME de la diaspora ivoirienne.

Conclue pour deux ans renouvelables, la convention fixe trois objectifs : promouvoir l’investissement productif des Ivoiriens de l’extérieur au sein du tissu économique national, faciliter leur accès aux services financiers et au crédit, et orienter les flux de la diaspora vers des secteurs créateurs de valeur et d’emplois.

« Mésofinance Diaspora », le dispositif opérationnel

Au titre de ses engagements, COFINA Côte d’Ivoire déploie une offre intitulée « Mésofinance Diaspora ». Elle comprend un accompagnement personnalisé pour la structuration des projets, des produits financiers adaptés à la situation des non-résidents, un financement fondé davantage sur le potentiel de croissance des projets que sur leur seule formalisation, ainsi qu’un parcours client entièrement digitalisé permettant l’ouverture de comptes, le suivi des crédits et la gestion des flux à distance, en toute sécurité.

De son côté, le ministère apporte son appui par la mobilisation et l’information de la diaspora via les représentations diplomatiques, le parrainage institutionnel des initiatives et la facilitation administrative des démarches des porteurs de projets. Un comité paritaire assurera le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre.

« Cette convention traduit une ambition commune : créer un environnement favorable permettant aux Ivoiriens de l’Extérieur de transformer leurs projets, leurs compétences et leur épargne en véritables leviers de développement national. Nos compatriotes de la diaspora ne doivent plus être considérés uniquement comme des pourvoyeurs de transferts de fonds : ils sont des investisseurs, des entrepreneurs, des créateurs d’emplois et des acteurs essentiels de la transformation économique de notre pays », a déclaré Adama Dosso.

« En signant cette convention, le Groupe COFINA prend un engagement clair : être un partenaire durable et fiable de la diaspora ivoirienne, en mettant son expertise de la mésofinance au service de projets concrets et créateurs de valeur sur notre sol », a ajouté Jean Luc Konan, Président Directeur Général du Groupe COFINA.

Paris, porte d’entrée du dispositif

La mise en œuvre s’appuie sur COFINA Services France (CSF), filiale ouverte à Paris depuis 2019. CSF accompagne les membres de la diaspora africaine qui souhaitent épargner, investir, constituer un patrimoine ou financer des projets dans leur pays d’origine, partout où le Groupe COFINA est présent. Véritable trait d’union entre la diaspora et les pays d’origine, elle permet aux Ivoiriens établis en France et en Europe d’épargner en toute sécurité et de transformer leurs transferts en investissements productifs en Côte d’Ivoire.

« Ensemble, elles vont plus loin » : le pari de l’entrepreneuriat féminin

blank

Le 25 juin 2026 à Paris, FIN’Elle et COFINA Services France ont scellé un partenariat stratégique sous ce mot d’ordre, lors d’une signature qui a réuni des entrepreneures, des partenaires institutionnels, des acteurs économiques et des membres de la diaspora.

Créée en 2018, FIN’Elle est l’institution de mésofinance du groupe, dédié à l’autonomisation des femmes entrepreneures : plus de 240 collaborateurs, 5 agences en Côte d’Ivoire, plus de 14 000 projets financés et plus de 42 000 clientes accompagnées, pour une production cumulée dépassant 180 milliards de FCFA au 31 août 2026. Ses solutions d’épargne, de crédit et ses programmes de renforcement de capacités portent un modèle panafricain de financement inclusif au service des femmes.

L’accord dépasse le seul financement : il combine solutions financières, conseil, mise en relation, développement d’affaires et accès à des opportunités de croissance, pour permettre aux entrepreneures de structurer leurs activités, d’accélérer leur développement et d’atteindre de nouveaux marchés. Il vise aussi explicitement à renforcer les liens économiques entre la Côte d’Ivoire et sa diaspora, en facilitant les projets d’investissement, de création d’entreprise et de développement d’activités.

« Ce partenariat marque une nouvelle étape dans notre engagement en faveur des femmes entrepreneures. Notre ambition est de leur offrir bien plus qu’un financement : un écosystème capable de soutenir leur croissance et d’élargir leurs perspectives », explique Yénita Bamba, directrice générale de FIN’Elle.

Sur le terrain : « une solution simple, rapide et sécurisée »

Derrière les conventions et les dispositifs, il y a des parcours. Celui de Patricia Touré en dit long. Fondatrice du Groupe CAM, agence immobilière opérant depuis Paris et Abidjan, elle accompagne la diaspora africaine dans ses investissements immobiliers et agricoles en Côte d’Ivoire. Une partie de ses clients viennent justement de la diaspora ivoirienne, qui cherche à transformer son épargne en projets concrets sur le sol national. Son obstacle n’a jamais été le manque de clients, mais la circulation de l’argent : « J’avais une problématique : recevoir l’argent de façon sécurisée et avoir la disponibilité en Côte d’Ivoire. Je cherchais une solution simple, rapide et sécurisée, je n’arrivais pas à trouver. » Une consœur sénégalaise, confrontée au même blocage, lui recommande COFINA Services France.

Trois ans plus tard, elle en est toujours cliente. Création de l’entreprise, ouverture du compte, centralisation des paiements de ses clients sur un circuit unique là où elle jonglait auparavant entre plusieurs applications de transfert : le bénéfice tient en trois mots, « la disponibilité, la simplicité et un coût moindre ». S’y ajoute la traçabilité, qui lui permet à son tour de sécuriser les investissements de ses propres clients.

Le cadre institutionnel existe désormais, les outils se déploient. Reste à convertir, projet après projet, une part croissante de ces 938 milliards en entreprises, en chiffre d’affaires et en emplois.

Avec AC, correspondance particulière

Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Défiler vers le haut