Katinan Koné sous mandat de dépôt : le PPA-CI dénonce une « dérive totalitaire » du pouvoir RHDP

La procédure judiciaire visant Justin Koné Katinan, 4ᵉ vice-président du PPA-CI, a pris une nouvelle dimension avec son placement sous mandat de dépôt. Avant même l’annonce du parquet, le parti de Laurent Gbagbo avait dénoncé une « dérive totalitaire » et exigé l’arrêt des poursuites contre son responsable.

Dans une déclaration rendue publique le 10 septembre 2026, le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a vivement réagi à la procédure engagée contre Justin Koné Katinan, réclamant « l’arrêt immédiat, total et sans conditions » des poursuites.

L’affaire avait débuté après une tribune publiée le 3 septembre dans laquelle le cadre du PPA-CI mettait notamment en cause la responsabilité du RHDP dans l’orpaillage illégal ainsi que dans l’avènement de la rébellion armée de septembre 2002.

Le 7 septembre, le RHDP a saisi le procureur de la République d’une plainte. Selon le communiqué du parquet publié ce vendredi 11 septembre, la plainte visant Justin Koné Katinan porte sur des faits de diffamation, d’injure par le biais d’un système d’information et de diffusion de nouvelles fausses.

Entendu par les enquêteurs de la Préfecture de police, le responsable politique a parallèlement été interrogé sur sa participation présumée aux troubles survenus pendant la période électorale de 2025.

Cette seconde procédure a finalement conduit à son placement en garde à vue puis à son déferrement devant la Section antiterroriste du Tribunal d’Abidjan.

Une information judiciaire a été ouverte et Justin Koné Katinan a été placé sous mandat de dépôt pour plusieurs chefs d’inculpation, parmi lesquels « actes terroristes », « attentat contre l’autorité de l’État », « complot contre l’autorité de l’État », « participation à un mouvement insurrectionnel » et « atteinte à l’ordre public ».

Sont également mentionnés l’« apologie des crimes de meurtre », l’« attroupement armé et non armé », la participation et l’organisation d’une manifestation interdite ou non déclarée ainsi que l’incendie volontaire de véhicules appartenant à autrui, pour des faits qui auraient été commis à Abidjan et dans d’autres parties du territoire.

De son côté, le PPA-CI considère la procédure comme une atteinte à la liberté d’expression politique et accuse le pouvoir de chercher à réduire l’opposition au silence.

« Aucun recul historique ne sera donc toléré », prévient le parti, qui estime que l’expression d’une opinion politique et la défense du patrimoine national ne peuvent être assimilées à des infractions.

Le PPA-CI appelle ses militants, sympathisants et « tous les démocrates ivoiriens » à rester mobilisés et envisage de saisir des organisations nationales et internationales de défense des droits fondamentaux.

Le communiqué du procureur publié le 11 septembre marque ainsi un nouveau tournant dans cette affaire, désormais portée sur le terrain de la lutte antiterroriste et des violences liées à la période électorale de 2025.

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